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les tyrans de ce monde / Depuis Mai 2006

Leçons tirées de la bataille de Zallaqa : entre les musulmans d'Andalousie et les Francs

18 Avril 2017 , Rédigé par Ribaat Publié dans #ETUDES & ANALYSES

Au nom de Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

Leçons tirées de la bataille de Zallaqa : entre les musulmans d'Andalousie et les Francs

Forum Al Mourabitoune

Par le frère Badreddin

Avril 2008

Révision Ribaat

 

Mise à jour Avril 2017

 

D'Andalousie et les Francs. Ce ne fut pas une bataille ordinaire mais une bataille qui a façonné l'histoire de l'Andalousie pendant au moins les trois décades qui suivirent.

A cette époque, il y avait un roi chrétien connu sous le nom d'Alphonse VI, roi de castille. Alphonse adopta la politique de se jouer des princes musulmans les uns contre les autres puis leur extorqua des tributs pour empêcher leur intervention.

Alphonse joua la désunion des gouverneurs musulmans en Andalousie, cette période était l'époque des rois Taifa d'Andalousie, chacun rivalisant contre l'autre roi ou prince même s'il s'agissait de son coreligionnaire musulman. L'avidité et la luxure du pouvoir n'empêchait pas certains d'entre eux de rechercher le soutien de rois chrétiens en Espagne contre leurs frères musulmans. Bientôt les villes musulmanes commencèrent à tomber aux mains d'Alphonse, y compris la ville de Tolède, après que ses habitants aient été dispersés par la fuite de Al-Qadir leur gouverneur.

« Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux, ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah » [Sourate An-Nissa 138-139]

Al-Mu'tamad de Séville ne fit pas exception à la rage d'Alphonse. Un retard de paiement de son tribut, suivi par des discussions échauffées entre Al-Mu'tamad et le messager d'Alphonse (qui venait collecter le tribut), menèrent Al-Mu'tamad à finalement perdre son sang froid. Plus tard, des esclaves attaquèrent le camp du messager d'Alphonse tuant l'entourage du messager, et épargnant la vie du messager.

Al-Mu'tamad savait à coup sur qu'Alphonse ne le lui pardonnerait pas, et n'épargnerait pas son royaume. Dans cette situation Al-Mu'tamad décida finalement d'en appeler à l'état Al-Murabitoun (appelé ainsi car ils étaient tous des savants en science religieuse qui s'étaient consacrés au ribat uniquement pour la recherche de la science et le jihad) en Afrique du nord qui était gouverné par le Calife le calife Youssouf Ibn Tashfin (moujahid qui à 72 ans faisait encore le jihad qu'Allah lui fasse miséricorde).

Youssouf Ibn Tashfin, était tenu pour être un Berbère Sanhadja du Soudan. L'ascendance africaine de Youssouf est bien documentée. D'après l'historien arabe 'Ali ibn 'Abd Allah, dans son Roudh el-Kartas, Youssouf était ..."brun de teint, taille moyenne, maigre, avec peu de barbe, une voix douce, des yeux noirs, nez aquilin, mèche de cheveux retombant sur le bout de l'oreille, sourcils joints l'un à l'autre, cheveux crépus."

Les conseillers d'Al-Mu'tamad le mirent en garde contre le fait de chercher l'aide de Youssouf, pour eux c'était une forme de suicide politique. Un homme qui viendrait, et qui par l'avidité de pouvoir, vaincrait Al-Mu'tamad et volerait son royaume.

D'après Reinhart Dozy : « L'idée d'appeler à l'aide les Almoravides plut principalement au religieux [croyant]. Les princes, d'un autres cotés, hésitèrent longtemps. Certains d'entre eux ...maintinrent une correspondance avec Youssouf ibn Tashfin, roi des Almoravides, et ils avaient plus d'une fois jusqu'ici recherché son aide contre les chrétiens; mais les princes andalous dans leur totalité n'avaient que peu de sympathie pour le chef des 'guerriers barbares et fanatiques' du Sahara, et le considéraient plus comme un dangereux rival que comme un allié. Mais l'intensification quotidienne du danger rendait nécessaire de récupérer les derniers moyens de sécurité qui restaient. Telle était au moins l'avis de Mu'Tamid quand son fils aîné, Rashid, indiqua le danger d'introduire en Espagne les Almoravides, il répondit : C'est vrai mais je n'ai aucune envie d'être connu par mes descendants comme l'homme qui a livré l'Andalousie en proie aux infidèles (les chrétiens); Je ne suis pas disposé à avoir mon nom maudit sur chaque chair (minbar) musulmane; et pour ma part, je préfèrerais être chamelier en Afrique plutôt qu'un porcher en Castille. Mu'tamid [de Tolède] encouragea les princes de Badajoz et de Grenade a se joindre à lui et à inviter Youssouf en Espagne. » (Dozy, Islam espagnol, 1972, Op. Cit., pp. 694-695)

La réponse de Al Mu'tamad à ses conseillers fut décisive : "Je préfèrerais être un chamelier en Afrique plutôt qu'un porcher en Castille." Pour lui cela voulait dire qu'il préférait être esclave de Youssouf en tant que frère musulman, plutôt que de rechercher l'aide des Chrétiens comme alliés contre les croyants. (Une position appropriée aux évènements de notre époque).

Al-Mu'tamad fit taire ses conseillers, et rechercha l'aide du grand moujahid musulman, Youssouf Ibn Tashfin, et Youssouf répondit à l'appel sans aucune hésitation. Youssouf était un exemple de modèle de gouverneur musulman juste, pieux, bien aimé des savants et loués par des gens comme l'Imam Abou Hamid Al Ghazali . Rejeter l'aide des musulmans en Andalousie n'aurait été que de la trahison.

Youssouf vint en Europe aux commandes d'une armée de 15000 hommes. Alphonse en entendant que Youssouf Ibn Tashfin voulait aider son frère musulman lui envoya une lettre de menace. Youssouf ibn Tashfin répondit simplement en disant qu'il verrait bien ce qu'il se passerait.

D'après Norris [H.T Norris, The Berbers in Arabic Literature, 20 (London: Longman, 1982), 20]. :

« Une fois en Espagne, Youssouf rencontra les dirigeants en chef d'Espagne; les rois d'Almeria, de Badajoz, de Granada et de séville. L'armée Mourish composée de seulement 10000 hommes en tout, se joignit aux forces africaines de Youssouf et marcha vers le nord pour rejoindre la bataille avec le roi Alphonse VI, qui était à la tête d'une armée chrétienne de plus de 100 000 hommes étant donné que le pape de Rome avait à l'époque appelé à la guerre sainte. Les deux armées ennemies s'opposèrent à Zallakah en Octobre 1086, et au début les chrétiens semblaient gagner. Al Mu'tamid, commandant les musulmans, vit trois chevaux se faire tuer alors qu'il les montait et bien que blessé garda ses hommes en ligne jusqu'à l'arrivée de Youssouf. Les Almoravides déroutèrent complètement l'armée d'Alphonse à Zalacca. » 1

La bataille de Zallaqa (appelée ainsi à cause de la terre devenue «glissante» (zallaqa) du au nombre élevé de morts qu'il y eut du coté des croisés) vit la déroute totale d'Alphonse et de son armée et Alphonse (d'après les historiens) s'échappa avec neuf de ses hommes. Alphonse lui-même fut blessé par une lance au genou, blessure qui plus tard le rendit boiteux. Cette victoire fut historiquement significative, et fut une leçon pour les musulmans d'aujourd'hui sur l'importance de l'unité politique et militaire pour le futur de la Oummah Musulmane.

Leçons de la bataille de Zallaqa et sa pertinence aujourd'hui:

On peut tirer deux leçons principales de cette grande bataille, qui sont toutes deux liées entre elles et sont inséparables.

1. La force de la Oummah est dans l'unité à la fois militaire et politique. D'autre part la désunion conduira seulement à la Fitnah et à l'oppression, et sera la cause principale de la corruption. Allah dit dans le glorieux Coran:

« Et ceux qui n'ont pas cru sont alliés les uns des autres. Si vous n'agissez pas ainsi [en rompant les liens avec les infidèles], il y aura discorde sur terre et grand désordre » [Sourate Al-Anfal 8:73]

Il a été mentionné dans le Tafsir de At-Tabari que la meilleure interprétation de ce verset est "Et ceux qui mécroient sont alliés les uns des autres" (et) si vous (les musulmans du monde entier collectivement) ne faites pas de même (c'est-à-dire vous alliez comme un bloc uni) veut dire que "si vous ne faites pas ce que nous (Allah) vous avons ordonné de faire c'est à dire vous tous (musulmans du monde entier) ne vous alliez pas comme un seul bloc pour rendre la religion d'Allah victorieuse, il y aura une grande fitnah".

L'unité de la Oummah comme un seul bloc est de la plus haute importance, car cette unité politique et militaire est une des plus grandes causes de la victoire du Din. Le cas d' Al-Mu'tamad et de Youssouf ibn Tashfin (où les liens islamiques surpassent tout lien racial et fut une force conductrice pour la victoire musulmane à Zallaqa) n'est qu'un cas parmi les nombreux cas historiques du besoin de l'unité politique qui va au-delà des frontières et des principautés crées par les impérialistes koufars pour désunir la Oummah et la garder sous son propre joug. Ne réfléchirons-nous pas à cela, ne réfléchirons-nous pas à la dévastation et à l'oppression des états nations, même s'ils essayent de nous tromper en se faisant passer pour islamiques. Comment les attributs de l'islam peuvent-ils être placés à coté de la raison même de notre désunion, c'est-à-dire les états nations.

2. L'importance de ne pas prendre les juifs, les chrétiens et les mécréants comme alliés contre les croyants. A nouveau nous voyons dans cet exemple historique de la position d'Al-Mu'tamad quand il était pressé par ses conseillers et qu'il répondit : « Je préfère être un chamelier en Afrique plutôt qu'un porcher en Castille.' Une réponse simple appropriée aux évènements récents en Afghanistan, cela met en contraste la position d'un dirigeant sincère (même quand son pouvoir est menacé) et la position de traîtrise des dirigeants d'aujourd'hui. De plus, cela montre l'importance d'un dirigeant sincère en période de difficultés.

Allah dit dans le Coran :

« Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux, ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux? (En vérité) la puissance appartient entièrement à Allah » [Sourate An-Nissa 4:138-139]

De plus, Al-Mu'tamad savait que rechercher le soutien d'un kafir (mécréant) contre un musulman lui vaudrait la colère d'Allah , c'était plus important pour lui que son trône qui ne lui serait d'aucun bénéfice le jour où il serait ressuscité pour le jugement.

Ceux qui prennent les juifs, les chrétiens et les mécréants pour alliés contre les croyants en disant: Allah décrit dans le Coran:

« O les croyants! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. » (Coran : sourate 5 verset 51)

Ibn-Hazm commente ce verset en disant "il est correct que le dire d'Allah "Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs" veut dire littéralement: qu'il est kafir des kafirs, et c'est une vérité sur laquelle il n'y pas deux musulmans pour différer." [Sourate Al-Ma'ida 5:51]

Aider les mécréants, comploter avec eux, détruire les musulmans sont des actes de trahison qui sont de grands crimes en Islam. Dans le cas de la bataille de Zallaqa nous avons vu en quoi consiste la force de la Oummah, cette leçon se répète dans toute l'histoire islamique approprié hier comme aujourd'hui.

Combien appropriée est cette leçon aujourd'hui. Nos dirigeants se sont alliés aux forces du koufr, les aidant logistiquement, militairement parfois, secrètement parfois ou ouvertement. Pervaiz Musharaf (qu'Allah lui donne ce qu'il mérite) autorise l'Amérique à utiliser son territoire pour frapper ses coreligionnaires musulmans. En même temps il fournit un soutien logistique à la campagne américaine contre les musulmans d'Afghanistan. Non seulement ça, il laisse aussi l'Amérique massacrer les prisonniers de Mazar-i-Sahrif parmi lesquels il y avait des citoyens pakistanais. Voilà la valeur qu'on les 'citoyens' aux yeux des gouvernements musulmans. Ils ne valent rien et sont jetables tant que des despotes comme Musharaf restent au pouvoir, et tout ceci au nom des soi disant intérêts nationaux du Pakistan. Tout ceci se passe alors que le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, répète qu'il préfère voir assassiner les soldats talibans, en particulier qui ne sont pas originaires d'Afghanistan, plutôt que de la voir capturés et emprisonnés. Ce qui veut dire qu'il préfère le génocide, et nos gouverneurs ferment juste les yeux. Y a-t-il pire trahison que cela ? Le sang musulman est-il si bon marché !?!

Ce qui frappe particulièrement est cette déclaration de l'émir du Bahrain. L'émir du Bahrain a été le premier dirigeant arabe a donner son soutien sans équivoque au bombardement allié contre l'Afghanistan. Dans un article de l' "Independent" du 14 Novembre 2001 on lit ce qui suit:

Nommant la campagne "guerre de libération", Sheikh Hamad bin Issa al-Khalifa a dit clairement qu'il approuverait toute requête des USA pour utiliser le Bahrain comme base de lancement des raids aériens.

Dans une interview inhabituellement franche aux journalistes occidentaux dans son palais de Manama, Sheikh Hamad (Qu'Allah lui donne ce qu'il mérite) a généreusement loué George Bush et Tony Blair. Il a dit qu'ils ont mené une campagne contre le terrorisme pour libérer la population opprimée par "des lunatiques qui se font passer pour des musulmans".

"Je suis si heureux que l'Amérique, la Grande Bretagne et le monde aillent en Afghanistan pour la libérer du mal," a-t-il ajouté. "Cela ne peut être que bon pour les familles, les enfants et les femmes, pour la santé et l'éducation. Quiconque est contre cela, c'est qu'il a perdu l'esprit. C'est un cadeau de Dieu que le monde développé aille en Afghanistan pour aider. Pour cette raison, nous le supportons depuis le premier jour."

"Quand la campagne sera finie, les gens applaudiront et remercieront les alliés pour avoir sauver ses pauvres gens du mal. Nous savons tous que ce qu'ils pratiquent est non islamique. Que la façon dont ils traitent les femmes est non islamique." En dépit de l'opposition grandissante à la campagne des alliés sur l'île état qui abrite déjà la cinquième flotte de la marine américaine, Sheikh Hamad a dit : "Nous sommes des alliés et en 50 ans de coopération avec les USA nous n'avons jamais rejeté une demande."

Non seulement médiocre voleur du golf loue l'alliance du koufr mais en plus il dit: "Cela ne peut être que bon pour les familles, les femmes et les enfants, pour la santé et l'éducation. Quiconque est contre cela c'est qu'il a perdu l'esprit. C'est un cadeau de Dieu que le monde développé aille en Afghanistan pour aider. Pour cette raison nous soutenons la campagne depuis le premier jour." Ainsi soutenir l'Amérique, dans sa campagne de bombardement de l'Afghanistan est bon, c'est bon d'enterrer vivants 200 civils innocents dans un village en disant que ce sont des "dégâts collatéraux". De plus, quiconque est contre cela a perdu l'esprit!! Bien sur Hamad l'esclave de ses maîtres n'a pas rejeté les ordres de ses maîtres! Bien sur il n'hésiterait pas à s'allier aux mécréants contre les musulmans. "Sheikh Hamad bin Issa al-Khalifa a clairement dit qu'il approuverait toute requête des USA pour utiliser le Bahrain comme base de lancement des raids aériens."

Si nous devions écrire les trahisons de nos dirigeants, nous remplirions des volumes. La bataille de Zallaqa, et avant cela celle de Hitin et de 'Ayn Jalut (contre les hordes mongoles) montre seulement combien la Oummah a besoin de dirigeants sincères pour la guider. Une des principales leçons tirée de la bataille de Zallaqa est que les dirigeants sincères et le refus de s'allier aux mécréants fut un facteur clef qui a conduit les musulmans à la victoire.

Il est temps que les musulmans se lèvent et fassent tous leurs efforts pour hâter le remplacement de ces marionnettes, pour participer à la campagne mondiale de purification des musulmans de ces dirigeants et despotes. Par-dessus tout, travailler pour le ré-établissement du Khilafah islamique est une obligation, et taire et consentir est un péché. Nous n'avons pas le choix, pouvons-nous supporter cette humiliation et pouvons nous supporter de rester passifs??! Lirons nous les histoires de Youssouf ibn Tashfin, de Salah ul-din et du Sultan Abdul Hamid puis les réduirons-nous à de l'Histoire et à des histoires enseignées à nos enfants! Soyons les successeurs de ces géants. Le Messager d'Allah (saluts et bénédictions d'Allah sur lui) a dit :

" Vous encouragerez le bien et désapprouverez le mal et vous censurerez le tyran, le conduirez à la vérité et le confirmerez "

Note Al Mourabitoune:

(1) Vu qu'il n'existe aucun livre traduit en français sur l'histoire réelle des musulmans, nous conseillons à ceux qui comprennent un peu l'arabe d'acheter et écouter le coffret de K7 audio du Cheikh Swidan sur l'andalousie. Une merveille !

Note Ribaat :

Voir aussi le site sur l’Histoire et l’Islam : alfutuhat.com

 

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