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les tyrans de ce monde / Depuis Mai 2006

Racisme et Colonialisme : doctrines Européennes (A)

13 Avril 2017 , Rédigé par Ribaat Publié dans #ETATS-UNIS

Au nom de Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

Racisme et Colonialisme : doctrines Européennes (A)

Avril 2017

 

Jacques Tarnero:

Le racisme (11)

ISBN 2.84113.279.X © Éditions Milan 1995

Chapitre Histoire

Michel Fingerhut 1996-2001 - document mis à jour le 09/11/1998 à 18h15m05s.

 

Les premiers doctrinaires du racisme

Le racisme comme théorie de l'inégalité des groupes humains est une invention du monde moderne d'origine européenne. Quels en furent les penseurs ?

"Point de civilisation véritable chez les nations européennes quand les rameaux aryens n'y ont pas dominé." (A. de Gobineau.)

Arthur de Gobineau (1816-1882)

L'auteur de l'Essai sur l'inégalité des races humaines énonce sa conception de la supériorité aryenne. L'appartenance à la race est pour lui le facteur de développement des civilisations. Il en distingue trois: la blanche, la noire et la jaune. La noire en constitue la variété "la plus humble qui gît au bas de l'échelle". Si la jaune est dotée de "raison pratique", sa pente naturelle n'est autre que "la médiocrité". La blanche, animée par l'honneur, jouit d'une "aptitude civilisatrice". Son essai relève plutôt de l'exaltation idéologique que d'une quelconque prétention scientifique. Considérant les Juifs comme un peuple "libre, fort et intelligent ayant fourni au monde autant de docteurs que de marchands", Gobineau, nostalgique de la pureté originelle, a servi de caution et de référence à ses successeurs.

"Même s'il était prouvé qu'il n'y eut jamais de race aryenne dans le passé, nous voulons qu'il y en ait une dans l'avenir: pour les hommes d'action, voilà le point de vue de l'avenir." (H.S. Chamberlain. Houston Stewart Chamberlain (1855-1927))

Pour Chamberlain, "il fallait se délivrer du "joug sémitique"" (Fondements du XIXe siècle, 1899). Anglais, fasciné par l'Allemagne dont il prend la nationalité, gendre de Richard Wagner, il est l'inspirateur des théories du nazisme. La pureté du sang germanique représente l'objet essentiel de sa théorie. La race est inscrite dans la conscience et c'est donc à partir de critères moraux que se révèle l'appartenance à la race. Il estime qu'une "discipline de la race" peut, par sélection, tendre à la reconstruction d'une "race noble". Les Juifs formeraient une race coupable d'un crime de "lèse-sang". Mêlant race et religion, Chamberlain fait du Christ un Aryen "qui n'avait pas dans ses veines une seule goutte de sang juif". Seuls les Germains sont dignes de la parole de Jésus. Aussi faut-il débarrasser le christianisme de ses "oripeaux étrangers pour créer une religion adaptée à l'essence de notre type germanique".

"Arrogant dans le succès, servile dans le revers, grand amasseur d'argent, d'une intelligence remarquable, le juif est impuissant à créer." (G. Vacher de Lapouge. Georges Vacher de Lapouge (1854-1936))

L'auteur de l'Aryen et son rôle social va fournir les éléments fondateurs de l'antisémitisme nazi. À partir de ses travaux d'anthropologie il va théoriser, scientifiquement, sa vision raciale et raciste du monde. Seule la race blanche, aryenne, dolichocéphale, est porteuse de grandeur, à la différence de la race brachycéphale, "inerte et médiocre", dont le Juif est la pire figure. Il procède au classement et à la hiérarchisation des races. Il en tire des lois confortant sa perception du monde. "L'homo europaeus" forme l'élite: grand blond, teuton ou nordique, il est protestant, dominateur et créateur. "L'homo alpinus", dont les types sont "l'Auvergnat et le Turc", est le "parfait esclave craignant le progrès" et "l'homo mediterraneus", dont les types sont le "Napolitain et l'Andalou", appartiennent aux catégories inférieures!

Lucien Rebatet, écrivain collaborateur, disait de Drumont en 1944 dans le journal Je suis partout: "J'admire Hitler. Il a eu d'innombrables devanciers plus brillants que lui parmi lesquels Drumont." (Édouard Drumont (1844-1917))

Drumont n'est pas un théoricien mais plutôt un pamphlétaire, qui va diffuser la synthèse des discours antisémites du XIXe siècle. Son journal La libre parole devient le haut-parleur populaire du nationalisme antisémite et anti-dreyfusard. L'auteur de La France juive (1886) dénonce "le sémite mercantile, cupide, intrigant, rusé face à l'aryen enthousiaste, héroïque, chevaleresque, désintéressé, confiant jusqu'à la naïveté". La figure du Juif relève chez Drumont du fantasme démoniaque, responsable de tous les maux qui accablent la France: le socialisme, l'internationalisme, le nihilisme inventés par le Juif devenu l'incarnation du Mal.

C'est bien au nom de l'idée de race et d'une vision hiérarchique de l'espèce humaine que le Code noir, les lois de Nuremberg, le statut des Juifs sous Vichy ou l'apartheid ont pu être pensés et mis en pratique.

Source : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/histoires-5.html

Jacques Tarnero:

Le racisme (13)

ISBN 2.84113.279.X © Éditions Milan 1995

Chapitre Politiques

Michel Fingerhut 1996-2001 - document mis à jour le 09/11/1998 à 18h15m16s.

Colonisation et colonialisme

Le mépris de l'étranger chez soi n'a pas empêché une fascination exotique pour l'étranger chez lui. La façon dont les Européens représentaient les peuples colonisés traduit le statut d'infériorité dans lesquels ils les situaient. N'est-ce pas la mémoire de ce mépris qui survit dans l'actuelle xénophobie ambiante en France et en Europe ?

Léon Blum, le futur artisan du Front Populaire, déclare en 1925: "Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie...Nous avons trop d'amour pour notre pays pour désavouer l'expansion de la pensée, de la civilisation française".

Devoir de civilisation

C'est à partir de constructions idéologiques attribuant un statut inférieur aux peuples colonisés que le colonisateur a pu légitimer son entreprise. En niant leur culture, leurs coutumes ou leur religion, en méprisant leur rapport au monde, le colonisateur blanc et européen s'est cru investi d'une mission civilisatrice fondée sur sa supériorité naturelle. La colonisation s'inscrit dans le droit fil de l'esclavage et de la traite des Noirs du XVIIIe siècle (vid. sup.).

"Nègre"

"Un fait incontestable et qui domine tous les autres c'est qu'ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l'espèce blanche". (Grand dictionnaire universel Larousse, édition de 1866).

L’homme blanc s'arroge tous les droits puisque l'autre est un sous-homme, un quasi-animal, de toute façon un être inférieur qu'il faut dresser, exploiter, civiliser, au mieux évangéliser.

"Toute civilisation découle de la race blanche, aucune ne peut exister sans le concours de cette race" écrit en 1855 le comte de Gobineau dans l'Essai sur l'inégalité des races humaines. Quelques esprits lucides trouvent cependant à y redire: "Nous faisons la guerre de manière beaucoup plus barbare que les Arabes eux mêmes" écrit en 1841 Alexis de Toqueville au retour d'un voyage en Algérie.

Paradoxalement, c'est à partir d'une conception républicaine des droits de l'homme et des Lumières que les colonisateurs de la IIIe République partent à la conquête de l'Afrique. Et c'est dans un premier temps au nom de ces mêmes principes que les luttes nationales d'indépendance sont menées à la fin de la Seconde Guerre mondiale contre la France coloniale.

Inspiration exotique

Parallèlement, le thème du "bon sauvage" a alimenté l'imaginaire occidental excitant la curiosité pour "l'art nègre" ou "l'art primitif". La fascination des peintres orientalistes pour la lascivité du harem témoigne d'un intérêt exotique d'abord révélateur des frustrations occidentales. L'exposition coloniale de 1931 vante les vertus de la colonisation et marque l'apothéose de son esprit.

Morts pour l'indépendance

Des centaines d'Algériens sont assassinés à Paris, dans une indifférence quasi générale, le 17 octobre 1961, par la police dirigée par le préfet Maurice Papon, en répression d'une manifestation de soutien au FLN. En février 1962, une manifestation anti-OAS se solde par la mort de huit personnes au métro Charonne. Des centaines de milliers de Parisiens accompagnent leur enterrement.

Oubli national

La violence des conquêtes, celle des politiques de maintien de l'ordre et de répression des mouvements de révolte semble être passée aujourd'hui aux oubliettes de notre mémoire nationale. Les questions liées à la présence de populations immigrées, issues des anciennes colonies, ne peuvent être entendues sans prendre en compte ces histoires occultées. Les événements actuels en Algérie sont liés à la xénophobie dont sont victimes les immigrés maghrébins en France.

Guerres d'indépendance

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a passé 17 ans à se battre contre ses anciens colonisés. Le 8 mai 1945 représente le jour de la capitulation nazie mais aussi la répression brutale (30 000 morts) d'une première insurrection à Sétif, en Algérie. 1947 marque le début de la guerre d'Indochine, qui s'achèvera en 1954, tandis que commence celle d'Algérie qui dure jusqu'à l'indépendance en 1962. Le soutien aux luttes d'émancipation anti-colonialistes imprègne l'idéologie des années 60, avec parfois une absence de discernement à l'égard de mouvements eux-mêmes inscrits dans un système hégémonique ou totalitaire (mouvement pan-arabe, giron soviétique etc.).

C'est à partir de préjugés raciaux que les colonisations ont pu être menées. Pour légitimer sa conquête, le colonisateur a souvent eu besoin d'affirmer sa supériorité sur le colonisé, sa mission évangilatrice ou civilisatrice.

Source : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/politiques-2.html

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