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les tyrans de ce monde / Depuis Mai 2006

Le génocide des Indiens d'Amérique (B)

13 Avril 2017 , Rédigé par Ribaat Publié dans #ETATS-UNIS

Au nom de Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

Le génocide des Indiens d'Amérique (B)

Mise à jour Avril 2017

 

Jacques Tarnero:

Le racisme (7)

ISBN 2.84113.279.X © Éditions Milan 1995

Chapitre Histoire

Mise en ligne sur le site web de Michel Fingerhut 1996-2001 - document mis à jour le 09/11/1998 à 18h14m43s.

Les conquistadors et le sort des Indiens d'Amérique

En débarquant dans le Nouveau Monde, les Européens sont confrontés à des êtres différents, jusqu'alors inconnus: les Indiens d'Amérique. S'agit-il d'êtres humains ou d'"esclaves par nature"? La raison économique l'emporte et signe l'arrêt de mort du peuple indien.

"Dans les grandes Antilles quelques années après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier si leur cadavre était, ou non sujet à putréfaction". (Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Éd. UNESCO (1952).)

Les Indiens: humains ou non-humains?

La découverte puis la conquête de l'Amérique annonce à sa manière l'entrée dans les temps modernes. Le tournant du XVe siècle n'est pas déterminant par la seule invention de l'imprimerie mais par la rencontre entre des Européens et d'autres hommes étranges. Les Européens décident alors, au nom de l'idée que ces humains-là n'en sont pas, qu'is ne peuvent être traités qu'en esclaves ou mourir. La modernité génocidaire commence en 1492.

Sont-ils seulement des hommes, ces Indiens nus? La marque de leur conversion à l'humanité ne pourra passer que par une conversion aux valeurs de l'Espagne chrétienne. Christophe Colomb écrit en 1492: "Vos Altesses doivent avoir grand joie parce que bientôt Elles en auront fait des chrétiens et les auront instruits en les bonnes coutumes de leur royaume". Les Indiens rétifs aux bons soins civilisateurs des conquistadors sont rapidement massacrés. Des "disputaciones" opposent cependant Bartolomeo Las Casas, un prêtre dominicain reconnaissant l'humanité des Indiens, à ceux qui veulent les considérer comme des êtres non-humains, "des esclaves par nature". Le pape Paul III proclame que les Indiens sont vraiment des êtres humains (vero homines). La controverse de Valladolid (1550) réunit quatorze théologiens pour étudier la nature des Indiens. Elle confronte également Las Casas au chanoine de Cordoue, Sepulveda, auteur d'un traité recommandant l'usage de la force contre les Indiens barbares.

De l'or et des esclaves

Si les conclusions religieuses optent pour l'humanité des Indiens, elles ont peu de poids face aux avidités économiques. La cupidité et la soif de l'or des Européens les dispensent désormais de toute bienveillance. Par milliers les Indiens du Nouveau Monde sont réduits en esclavage dans les mines. Les maladies importées par les conquistadors ajoutées à la férocité des guerres de conquête achèvent la destruction de ces peuples et de leur civilisation.

La célébration du cinq-centième anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb doit aussi remettre en mémoire des moments moins glorieux.

Le solde de la colonisation, depuis 1492, de l'Amérique par les Européens se compte en millions de morts. Il se traduit par la destruction, la ruine de peuples indiens et de leur culture.

Source : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/histoires-1.html

Jacques Tarnero:

Le racisme (9)

ISBN 2.84113.279.X © Éditions Milan 1995

Chapitre Histoire

Michel Fingerhut 1996-2001 - document mis à jour le 09/11/1998 à 18h14m54s.

Les Indiens d'Amérique du Nord

La grande épopée du Far West est entachée du sang des Indiens. Les Européens trouvent en Amérique une nouvelle terre d'élection. Pour s'en emparer, ils anéantissent la civilisation indienne, qu'ils jugent "sauvage".

"Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n'étaient pas sauvages à nos yeux. Seul l'homme blanc trouvait la nature sauvage et pour lui seul la terre était infestée d'animaux sauvages et de peuplades sauvages. À nous la terre paraissait douce et nous vivions comblés des bienfaits du grand mystère. Elle ne nous devint hostile qu'à l'arrivée de l'homme barbu de l'est qui nous accable d'injustices insensées et brutales. c'est quand les animaux de la forêt se mirent à fuir à son approche que commença pour nous l'ouest sauvage". (Chef Standing Bear. Sioux Oglala, cité dans T.C. MacLuhan, Pieds nus sur la terre sacrée. Denoël/Gonthier 1976)

Rencontre et incompréhension

Le monde des Indiens n'a jamais été compris par les conquérants, colons ou missionnaires blancs. "La beauté et l'étrangeté de la terre", l'univers spirituel de l'Indien fait de respect pour les éléments de la nature, sont considérés par les Blancs comme autant de preuves de la sauvagerie des Indiens. "Les hommes de fer" portant des "bâtons de feu" fascinent les Indiens. La crainte, la peur puis la colère remplacent la curiosité devant la brutalité des nouveaux arrivants. Les Blancs manifestent très vite leurs intentions et détournent à leur profit la naïveté des Indiens.

Bien avant Christophe Colomb en 1492, les Vikings avaient déjà abordé les rivages américains. Mais il faut attendre cinq siècles pour que les Européens se lancent dans la conquête de territoires. Inquiets de la pénétration espagnole au sud aux XVIe et XVIIe siècles, Français et Anglais s'orientent au nord. Jacques Cartier explore l'estuaire du Saint-Laurent en 1534, l'île de Manhattan est colonisée en 1609 par le navigateur anglais Henri Hudson, tandis que les puritains anglais du Mayflower s'installent en Nouvelle-Angleterre en 1620.

Déclenchement des hostilités

Les relations entre populations indiennes et colons blancs deviennent rapidement conflictuelles à mesure que progresse la colonisation européenne. La recherche de nouveaux espaces est la cause des premières guerres indiennes. Les tribus Pequot, Massachusetts, Mohawks sont anéanties à la fin du XVIIIe siècle. Anglais, Français ou Hollandais utilisent les rivalités inter-indiennes pour attaquer ceux qui s'opposent à leur présence. Les Hurons s'allient aux Français contre les Iroquois alliés aux Anglais. Les maladies des Européens deviennent l'allié providentiel des colons: les épidémies de variole déciment les tribus de façon encore plus sûre que les guerres.

"L'homme blanc a profané la face de notre mère la Terre. L'appétit de l'homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé".

Lettre des chefs Hopis au Président Nixon en 1970.

Naissance des États-Unis et mort des Indiens d'Amérique

La présence française en Amérique du Nord s'efface devant la supériorité anglaise et les "quelques arpents de neige" sont abandonnés par Louis XV en 1763. Les États-Unis, affranchis de la tutelle anglaise en 1783, se lancent dans la colonisation de leur propre territoire. La conquête de l'Ouest signifie la fin de la liberté pour les nations indiennes.

Survivants Indiens

Il reste moins de 50 000 Indiens survivants en 1890 sur le million d'individus estimés à l'époque de Christophe Colomb. En 1973, à Wounded Knee, les descendants des Sioux affrontent la police devant les caméras de télévision, rappelant aux Américains la tragédie de leur destin.

La République fédérale des États-Unis encourage les nouveaux immigrants à s'installer dans le Far West. La ruée vers l'or californien provoque la venue, entre 1840 et 1860, de plus de quatre millions de colons et l'extermination des bisons des territoires de chasse indiens. C'est un mode de vie ancestral ainsi qu'un équilibre écologique qui sont détruits. La guerre de Sécession (1861 - 1865) aggrave le sort des Indiens menacés par la famine. Les révoltes se multiplient, la répression embrase tout l'ouest des États-Unis.

En juin 1876, l'armée du général Custer est défaite dans la bataille de Little Big Horn par les tribus Sioux et Cheyennes. La revanche ne tarde pas à venir. Parqués dans les réserves, les tribus décimées voient leurs chefs arrêtés ou abattus. À Wounded Knee Creek, les chefs Sitting Bull et Big Foot, ainsi que trois cents Indiens, hommes, femmes, enfants et vieillards, sont exterminés par les troupes gouvernementales en décembre 1890. La nation indienne cesse d'exister.

Le Nouveau Monde n'était pas un monde sans humains. Avant les cow-boys, il y avait les Indiens. La conquête de l'Ouest fut gagnée au prix de leur anéantissement.

Source : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/histoires-3.html

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