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les tyrans de ce monde / Depuis Mai 2006

L'Islam agressé

13 Avril 2017 , Rédigé par Ribaat Publié dans #ETUDES & ANALYSES

Au nom de Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

L'Islam agressé

 

Extrait du Livre « L’ISLAM AGRESSÉ »,

Edition Enal 1988 ;

Édition Entreprise Nationale de Livre, 1990 ;

Original provenant de l'Université du Michigan ;

Numérisé le 01 Mai 2007,

213 pages

Par l’auteur Hadroug Mimouni

Mise en ligne avec commentaire par le site alfutuhat.com, courant 2000.

 

Révision Ribaat

Posté en 2006

Mise à jour Avril 2017

 

Commentaire alfutuhat.com : « L’excellent texte qui suit et qui représente un quart du texte original peut être considéré non seulement comme un correcteur mais aussi comme une synthèse générale de tout ce qui a été précédemment mentionné. J’ai laissé l’orthographe originale et procédé à d’infimes corrections. Puisse Allah Exalté récompenser son auteur des meilleures récompenses. »

L’Islam agressé

Par Hadroug Mimouni [1]

*****

- Les préparatifs

C’est au cours de la réunion d’Aix la Chapelle en 1748 que fut décidée la mainmise de l’Europe sur le monde musulman. Il n’y eut ni partage de territoire, ni reconnaissance de zones d’influence. Tout au plus, l’idée que les régions turcomanes seraient de l’apanage de la Russie. L’Angleterre et la France se partageant le reste. La première était occupée par la mainmise sur l’Inde et la seconde se considérait comme l’héritière de Rome et la fille aînée de l’Eglise. Mais toutes deux visaient avant tout l’Egypte. La riche vallée du Nil était la convoitise de tous. Comme toujours entre bandits, l’accord était loin d’être parfait.

Chamil au Caucase combattra les Russes qui avaient envahi son pays. Il sera discrètement soutenu par les Franco-anglais, jusqu’à ce que les Russes, à la Paix de Paris s’engagent à ne pas pousser jusqu’aux Dardanelles. Route des Indes oblige. Une fois cet engagement pris, Chamil sera lâché et les Russes le feront prisonnier. Mais il faut reconnaître que les Romanoff n’ont pas été avec lui vils et mesquins comme le furent les Bourbons avec Abd El Kader.

Chamil a été une des plus noble figures de son temps. En 1865 on demande à un homme politique français : « Quels sont, à votre avis, les plus grands hommes vivants ? » Il répondit : « hélas, ce sont deux musulmans, Abd El Kader et Chamil ».

Plus tard, en 1890, Ahmadou Bamba continuera le djihad en Afrique face aux armées françaises. Il utilisera les mêmes méthodes que Chamil, et donnera comme lui le nom de « Mouridines » à ses troupes.

En 1798, Bonaparte envahira l’Egypte et la Palestine et sèmera la désolation en ces pays. Il ordonnera à ses officiers de ne pas fusiller les milliers de prisonniers, mais de leur couper la tête avec la hache pour « économiser les balles ». Aucune étude sérieuse n’a été faite sur les crimes commis par son armée en territoires arabes. Au contraire, il en est de pauvres imbéciles qui ont voulu en faire un musulman. Bonaparte n’a été ni Chrétien ni Musulman, il était athée.

C’est à partir de 1830 que commença la mainmise continue de l’Europe sur le monde musulman, avec le débarquement des Français en Algérie.

L’Angleterre encouragera Abd El Kader jusqu’à ce que les Français s’engagent à ne pas occuper le Maroc Nord face à Gibraltar. Les Anglais s’engageront eux aussi à ne pas occuper le Maroc du Nord, et c’est ainsi que cette portion du territoire du Maghreb sera attribuée à l’Espagne. Et, afin qu’une éventuelle entente de l’Espagne, soit avec la France, soit avec l’Angleterre ne soit pas efficace, le point stratégique, c’est-à-dire Tanger, sera internationalisé. Ainsi, ni la France, ni l’Angleterre n’était maîtresse absolue de l’entrée de la Méditerranée.

Le but des Français était de faire du Nord de l’Afrique un pays Latino-chrétien et de la Méditerranée Occidentale une «Mare-­Nostrum. Ils ont calculé qu’après avoir réussi dans le centre, c’est-à-dire en Algérie, ils pourraient continuer l’opération à l’Est comme à l’Ouest. Pour atteindre leur but, il leur fallait exterminer une grande partie des populations, refouler le reste au Sahara, et remplacer le tout par un apport de LATINS: Français, Espagnols, Italiens etc.

On ira jusqu’à arraisonner un bateau d’émigrants allant en Amérique et à obliger ses passagers à débarquer en Algérie. Il s’agissait, en bref, de faire au Maghreb ce que les Anglais avaient fait dans le Nord de l’Amérique, où d’ailleurs on avait envoyé une mission pour étudier la manière de faire. Tous les moyens furent employés. Incendies des récoltes, massacre de populations sans défense, expropriation des terres, asphyxie de tribus entières réfugiées dans des grottes, cantonnement d’autres tribus sur des surfaces ne permettant pas la survie. On essaya l’alcoolisme, qui avait décimé les peaux rouges et là, les Maghrébins furent sauvés par l’Islam. La France avait mis sur pieds la plus grande expédition jamais réalisée à ce temps. Une armée de quarante mille hommes au départ qui sera de cent-vingt mille, dix ans après. Cette armée ne recevait aucun ravitaillement de France. Il lui fallait vivre sur l’habitant. Pendant près de trente ans, ce ne fut que pillage de réserves de céréales et de fourrages et confiscation de troupeaux. Ce qui ne pouvait être emporté, était soit brûlé soit abattu sur place. On propagea le haschich.

On entreprit systématiquement la déculturation. Sur la centaine de mosquées-écoles à Alger ville, on ne laisse que quatre aux musulmans. Les autres furent soit transformées en églises, en écuries, en hôpitaux, en dépôts, soit détruites tout simplement. La première décision des occupants a été de déclarer biens de l’état français, tous les Waqf d’Algérie. Tout ce que les Algériens avaient amassé pendant des siècles pour l’entretien de leur religion et de leur culture fut volé par cette décision. L’état français se substituera aux autorités religieuses musulmanes et nommera les Imams. Vers 1910, il n’y aura plus que six Imams émargeant aux Waqf. Les « affaires religieuses » seront du ressort d’une « commission spéciale » dont le dernier président, en 1940, était Michel le juif. Malgré sa situation matérielle catastrophique, le peuple algérien voudra construire de nouvelles mosquées-écoles pour n’être pas à la merci du conquérant pour ce qui est du domaine spirituel. L’administration française prendra d‘innombrables décisions pour l’en empêcher. L’autorisation de construire exigera tellement de papiers que lorsqu’on obtient le dernier, le premier est périmé. On interdira l’ouverture de toute école coranique à moins de six kilomètres d’une école française. Dans toutes les localités, les français ouvriront des écoles réservées à leurs fils et là où il n’y avait pas de population française, on ouvrira une classe pour la forme. Comme dans le nord du pays les villages ne sont pas trop éloignés les uns des autres, il était devenu impossible d’ouvrir une école coranique. Les quelques écoles ouvertes dans les douars étaient semi clandestines. De plus, dans les écoles, il était absolument interdit de faire autre chose que d’apprendre le Coran aux enfants. Dans le cas où l’enseignant donne des notions de grammaire, l’autorisation lui était retirée ; ne parlons pas d’histoire ou d’éducation religieuse, cela pouvait conduire en prison.

Cette autorisation était personnelle et pour un lieu déterminé. Et c’est ainsi qu’en Algérie, ou la population en 1830 savait lire et écrire en arabe à 90 %, il n’y avait pas un siècle après 1 % dans cette situation.

L’enseignement du français a été « prodigué » à partir de 1900 seulement et n’a pas touché 5 % de la population, et ce jusqu’à 1945.

Vers 1924 des Ulamas, qui créeront plus tard « l’Association des Ulamas d’Algérie », fonderont des médersas sous l’impulsion de Ben Badis. Que s’est-il passé ? Le colonialisme était-il devenu subitement un ange pour laisser faire ? Non ! Ben Badis avait tout simplement averti discrètement l’administration française qu’il avait suffisamment d’amis en Egypte pour faire mener une campagne pour la fermeture des écoles françaises dans ce pays. L’administration savait que l’on ne fait pas en vain appel à la fibre islamique du peuple égyptien. Plus tard, cette solidarité islamique, par une campagne de TALTIF qui commence à Fez et sera reprise jusqu’en Indonésie, obligera le gouvernement français à revenir sur le Dahir Berbère, Dahir qui devait mettre une grande partie du peuple marocain sous juridiction française pour son statut personnel au lieu de la juridiction islamique. En 1947 se crée à Alger les « Editions algériennes en Nahdha » avec pour but l’édition et l’importation de livres arabes. L’administration française lui refusera toute licence d’importation. En 1949, un journal de Tunis s’empare de l’affaire et signale ce refus. Zayyat le reprend et en fait un article dans la « Rissala'» et demande au gouvernement égyptien d’interdire l’entrée en Egypte des livres et revues françaises. Il n’en fallait pas plus pour que les Français accordent des licences d’importation ; au compte-gouttes, il est vrai. Ces trois exemples nous montrent ce que peut faire la solidarité. Imaginons-la dans des domaines capitaux. Nous avons bien le droit de rêver, non ?

Depuis 1830, une campagne anti-islamique est menée en France et en Occident et elle continue, avec plus de perfidie. Des milliers d’ouvrages ont été écrits sur l’Islam et le monde arabe. Pas un qui ne soit un tissu de mensonge, de haine et de mauvaise foi. Le sommet sera atteint en Algérie par Louis Bertrand et à Beyrouth par Lammens.

Louis Bertrand marquera toute une génération d’écrivains français. Il sera un maître incontesté pour une notable partie de l’intelligence française. Il sera élu membre de l’Académie française et pendant quarante ans, pas un seul écrivain français n’osera le contredire. Au contraire, il sera la fierté de toute une génération de Français. Sa doctrine était simple : détruire ce qu’il y a d’arabe et de musulman au Maghreb et le remplacer par un apport latin catholique. Il écrira là-dessus plusieurs ouvrages, comme: « Le sang des races », ou « Devant l’Islam ».

Nous donnons ci-dessous des échantillons de sa littérature:

« Répétons-le encore, parce que c’est l’humble vérité, l’oriental et en particulier le musulman est notre ennemi ». « L’oriental est notre ennemi et ne peut être que notre ennemi ». « Regardez les orientaux bien en face, dans les yeux : ce sont nos ennemis ». Remarquez qu’il cite l’oriental en général et le musulman en particulier, car il n’est pas tendre, non plus pour l’arabe chrétien. Voici ce qu’il en pense: « Le chrétien a l’argent, la ruse, l’habilité de la résistance, le secret de durer, et il est plus intelligent. Qu’il ne nous aime guère, au fond, qu’il soit un médiocre soldat de la civilisation, c’est bien possible ». Quand L. Bertrand dit : « Il ne nous aime guère », entendez par là : «Je ne l’aime guère ». En effet, les chrétiens d’Occident ne pardonnent pas aux églises d’Orient de n’avoir pas épousé leur point de vue sur l’Islam. A travers l’Histoire, les églises d’Orient ont vécu, en général, en bonne intelligence avec l’Islam. Pour avoir une idée des relations des églises d’Orient avec l’Islam, nous donnons ci-dessous un extrait du livre : « instructions paternelles », du Patriarche Anthime, titulaire du siège de Jérusalem, Grec Orthodoxe, ce livre a été publié vers 1770 : « Le démon a suscité pour la perte des Saints une nouvelle hérésie, j’entends l’hérésie latine, d’où sont sortis, comme autant de rameaux, les Luthériens, les Calvinistes, les Evangélistes, et d’autres sectes sans nombre. Aussi, convient-il que nous, Chrétiens de prédilection, nous admirions la souveraine bonté du Dieu pour nous. Voyez quelles choses merveilleuses a préparé le Seigneur, infini dans sa miséricorde, comme dans sa sagesse, afin de conserver sans tache notre foi sainte et Orthodoxe. Il a suscité la puissante domination des Ottomans, à la place de l’Empire Romain, pour nous protéger contre l’hérésie, pour tenir en bride les nations de l’Occident et défendre son église d’Orient ».

Si les relations entre les églises d’Orient et l’Islam étaient telles, cela tient à ce que ces églises n’ont pas été noyautées. Un juif converti au Maronisme, par exemple, ne sera même pas curé à la montagne. Tandis qu’en Occident, Catholique ou Protestant, la mainmise a été efficace. Un juif converti à l’âge de dix-sept ans se trouve actuellement Archevêque de Paris. Il peut officier au-dessus du tombeau de Saint Louis. Un curé français, pas bête, après avoir baptisé un juif, a laissé cette expression: « Cela fait peut-être un chrétien de plus, mais certainement pas un juif de moins ». Ceci les églises d’Orient le savent et c’est pour cela que leur noyautage n’a pas été possible.

Mais revenons à. L Bertrand. Il se voulait disciple de Lavigerie et reprenait souvent dans ses écrits ce programme de son maître : « Nous devons faire de la terre algérienne le berceau d’une grande nation, généreuse, chrétienne, d’une autre France, en un mot fille et sœur de la nôtre ». Tout a été fait pour cela, mais, « ils font des calculs et Allah est le meilleur des calculateurs ».

Au cours de la guerre 1914-1948, les Musulmans avaient laissé un demi-million de morts sur les champs de bataille au service de la France. Comment en 1926 L. Bertrand leur rendit-il hommage ? Voici ce qu’il en dit : « Le pire c’est que nous n’avons pas pu nous défendre tout seuls. Nous avons fait appel au Barbare. De l’Inde jusqu’au Maroc et jusqu’au Soudan, des noirs et des jaunes sont venus renforcer nos effectifs, endosser nos uniformes et empoigner nos fusils. Or, la plupart de ces soldats de fortune étaient des musulmans. Ainsi, nous avons armé l’Islam et sans le savoir, nous l’avons armé contre nous ». Oui ! Les cinq cents mille morts pour sauver la France, Monsieur Bertrand les haïssait. Il ne s’est pas trouvé un écrivain, un homme politique, un officier, un ancien combattant français pour s’élever contre cette ingratitude envers ceux qui sont morts pour eux.

L. Bertrand n’était pas un petit écrivain. De son temps, il était l’un des plus lus en France. Son idée d’une Afrique latino-chrétienne était adoptée avec plus ou moins de passion, par toute l’intelligence française.

Bien après sa mort, en 1940, il continuera à marquer la mentalité française jusqu’à Camus ou l’O.A.S. L’amour que portait Camus au village de Tipaza n’était pas fortuit. A l’est comme à l’ouest d’Alger, il y a des dizaines de localités au bord de la mer. Nombre d’entre elles sont plus belles et plus agréables que Tipaza. Mais Tipaza avait ceci de particulier, c’est que des vestiges romains existaient encore en ville, qu’elle avait un petit port d’époque et qu’aucun arabe n’y habitait. Pour lui, vivre à Tipaza c’était vivre en Maurétanie Césarienne et prendre un bain de latinité. Le rêve ! Que l’on ne s’imagine pas que les thèses de Bertrand lui soient personnelles. De l’extrême droite à l’extrême gauche, sur ce qui concerne les Arabes, les Français étaient d’accord sur le fond. Voici une résolution votée par le Congrès socialiste en 1902 : « la mesure la plus urgente est d’obliger tous les indigènes à ne parler que la langue française, y compris dans le culte musulman, d’interdire la parution de livres, journaux et affiches en arabe, de fermer les écoles religieuses islamiques et en matière d’instruction, de n’envisager qu’un enseignement absolument professionnel, et non l’instruction supérieure, qui ne peut qu’être nuisible pour l’indigène ». On pouvait lire dans le journal « La lutte sociale », organe du Parti communiste français en Algérie, du 7 Mai 1921, le passage suivant : « Les Indigènes de l’Afrique du Nord sont composés en majeure partie d’Arabes réfractaires à l’évolution, sociale, intellectuelle et morale ». Dans le « Cheminot Algérien », organe du syndicat CGTU, c’est-à-dire communiste du 1er Avril 1928, on trouve ce passage : « l’indigène est un ingrat ; il est fourbe, sournois, sale, voleur, lui faire du bien, c’est donner de la confiture à un cochon ; lui faire du mal, c’est lui apprendre à se soumettre et à se civiliser. Comme on le voit, l’attitude de la gauche était plus haineuse que celle de la droite. Nous avons cité Louis Bertrand comme exemple. Quand il s’agissait de l’Islam ou des Arabes, presque tous les écrivains de l’Occident et surtout les Français, n’avaient que de la haine. Dès son enfance, le français à l’école, était conditionné. Les premières leçons d’histoire, lui apprendront que « Charles Martel à Poitiers, a sauvé l’Europe de la barbarie musulmane ». Puis plus tard, en histoire comme en géographie, on lui parlera de « L’Empire français ». Si bien que chaque petit Français se sent un peu empereur, et se gonfle d’orgueil. Il ne manque pourtant pas d’esprits éclairés en Occident. Il leur arrive de s’élever contre cette mentalité, mais c’est toujours individuellement, comme pour avoir la conscience tranquille. Et pourtant, nous ne disons pas une entente, mais simplement une compréhension, une estime réciproque entre les Musulmans et les Occidentaux seraient bénéfiques aux deux et à l’humanité.

Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu un dialogue, mais des soliloques sans suite. Les quelques rencontres rassemblaient des chrétiens, qui souvent n’avaient rien de chrétien et qui ne représentaient que leurs personnes, et des musulmans souvent à la solde d’un pays occidental, qui eux non plus, ne pouvaient absolument rien et devaient savoir où ne pas mettre les pieds.

Si Louis Bertrand et d’autres se sont chargés de conditionner l’Occidental, Louis Lammens se chargera des chrétiens d’Orient. Pendant quarante ans, cet homme, se disant prêtre, va se dépenser pour faire haïr le musulman par le chrétien et, en réaction de retour, le même phénomène se produira chez le musulman. Soutenu par l’administration française à Beyrouth, il se posera en chef incontesté de l’anti-Islam. Tout ce qu’il a écrit n’est qu’un tissu de mensonges. Certains s’imaginent qu’il était doué d’une grande érudition, avec tous les titres de livres qu’il donne en référence. Ces livres, il ne les a pas lus, mais on les a lus pour lui. Il ne se gêne pas pour traduire à sa manière afin que le texte confirme ce qu’il veut. Pour lui, s’il y a eu un semblant de civilisation musulmane, ce n’était pas l’œuvre de l’Islam, mais des Omeyyades. La tradition islamique? « L’une des plus grandes supercheries de l’Histoire ».

Le Messager d’Allah surnommé : « Al Amine ». « Un homme loyal du septième siècle, pourrait bien être pour nous un coquin ». Le changement de la qibla ? « Muhammad était sous l’influence d’une névrose, de crises hystériques. Son caractère nerveux, les tares héréditaires de sa famille, son enfance abandonnée, les privations qu’il avait subies, permettent de croire qu’il y avait en lui, des vices de constitution, un manque d’équilibre qui eut pour résultat le développement exagéré de certains sens, les plus grossiers ».

Les Médinois offrent un repas aux mouhajirines et égorgent deux moutons. Le Messager d’Allah, pour ne pas montrer une préférence à l’un des donateurs sur l’autre, goûte une bouchée de chaque épaule des moutons, Lammens part en guerre contre : « Ce prétendu ascète qui dévore deux épaules de moutons à lui seul ». « Puis dans un autre livre, il renchérit et dit : « Cet homme capable de dévorer à la file trois gigots de mouton et d’y joindre tout le contenu d’un couffin de dattes ». Il conclut parlant de la mort du Messager : « il revint à sa nature primitive, si profondément sensuelle. Epaissi, engourdi par les jouissances matérielles, guetté par l’apoplexie, ce Salomon au petit pied ne quittera plus son sérail et la cour de sa demeure qu’à de rares intervalles. Désireux de jouir, après tant d’années de lutte, il s’abandonna au courant... et se trouvait hors d’état de voir plus loin, l’abus des plaisirs ayant brisé tous les ressorts de son énergie ».

Ali ? L’auteur de Nahj el Balagh n’était, pour Lammens, « qu’un homme méprisé à cause de son physique désavantageux et de son esprit complètement borné ».

Omar ? « Ce n’était qu’un peureux, un assez pauvre soldat ».

Fatima ? « Un laideron disgracié par la nature, maigrelette, pleurarde, Inintelligente qu’aucun prétendant ne se présentait pour l’épouser et Mohamed l’a imposé à Ali, comme épouse, pour s’en débarrasser ».

Le deuxième rôle de Lammens était de fournir aux orientalistes de la « documentation » et une référence. Pendant un demi-siècle, ils vont l’utiliser, tous ou presque tous. C’est à. peine si quelques-uns d’entre eux sont allés à dire : « Il y a peut-être une exagération chez Lammens ». Mais le contredire ou le condamner, pas un. L’idée maîtresse de Lammens, il l’exprime par cette phrase, dans son livre « Le berceau de l’Islam » : « Pourquoi le Coran est-il venu brusquement interrompre la douce influence de l’Evangile sur les fils du désert ! »

Voyons maintenant ce qui se serait passé, si le Coran n’était pas « venu interrompre cette influence ». L’Arabie serait devenue chrétienne, et évidemment copte. Les Arabes de la presqu’île avaient de solides relations avec l’Ethiopie. Elle serait restée ce que reste ce dernier pays. L’humanité aurait aujourd’hui accumulé huit siècles de retard. A Byzance, on serait encore aujourd’hui à discuter du sexe des anges. A Rome, les Galilées seront condamnés et les Borgia seront toujours papes.

D’autres orientalistes ont écrit autant d’insanités que Lammens ; Goldziher, Snouck Hurgronge ou Margohouth, mais ce qui distingue Lammens, c’est qu’il était prêtre ; c’est que, ce qu’il publiait avait l’imprimatur du Vatican. Voilà ce qui est grave.

- Les orientalistes

En France, les études d’arabe n’ont commencé qu’assez tard. Dans les autres pays d’Europe, elles ont commencé plus tard encore. Au début on étudiait le Coran à partir de traductions latines. Traductions toujours erronées. Tout a commencé vers la fin du XII siècle. Ceux qui s’intéressaient à ces études étaient peu nombreux. Ce fut surtout des religieux qui cherchaient à travers des « monstruosités » dans le livre des Musulmans, puisque pour eux, c’étaient « la religion du diable ».

La première traduction de l’arabe au latin est de Gérard de Crémone au 12e siècle. Puis ce fut le dominicain Albert le Grand qui « habillé en Arabe », explique la philosophie rationnelle à Paris. Le moine Michel Scot était à Tolède en 1217 et il fit, lui aussi des traductions. De même que le Franciscain Roger Bacon et le dominicain Raymond Lulle au 13e siècle.

Le concile généra1 des églises, tenu Vienne en1311, recommande la création d’institutions à Rome, Paris, Oxford et Salamanque, pour l’étude de l’hébreux, de l’arabe et du chaldéen. Cette recommandation n’aura pas de suite puis parut la traduction latine du Coran par Pierre le Vénérable de Cluny. Evidemment, cette traduction, avec commentaire, s’il vous plait, n’avait, rien à voir avec le Coran.

En 1530, François 1er fonde le co1lège de France avec une chaire de grec et une chaire d’hébreu. Comme on le voit, il n’était pas encore question d’arabe ; On n’étudiait, à l’époque, que ce qui pouvait avoir des rapports avec le christianisme. Cinquante ans plus tard, Henri 3 crée une chaire d’arabe an collège de France. Quatre-vingt-deux ans après, c’est à dire en 1689, on s’aperçut que cette chaire n’avait donné aucun résultat, et on décida d’envoyer plutôt six jeunes gens faire des études en arabe chez les Capucins à Constantinople. Cinquante ans plus tard, on s’aperçut que les six étaient tous des Arméniens et qu’aucun d’eux n’était revenu. On décida alors d’envoyer non plus six, mais dix, tous de parents français.

En 1797 est fondé 1’Ecole Spéciale des langues orientales vivantes. En 1800, Sylvestre de Saci en prend la direction. Dans cette école, l’importance première est accordée à, l’hébreu, non seulement parce que la directeur est juif, mais aussi, parce que les Juifs, après la révolution, tenaient le haut pavé en France, et les gens d’église tenaient à l’hébreu pour comprendre l’ancien testament. La deuxième langue on importance était le turc ; la plus grande partie du monde musulman, à l’époque, dépendait de Constantinople, et c’était dans cette ville que se traitaient les affaires concernant l’Islam. La troisième langue était le persan : les grands écrivains allemands avaient fait connaître la poésie persane, et dans le monde des lettres on ne jurait que par Saadi et Hafiz. La quatrième langue était l’arabe ; cette langue à l’époque, n’offrait aucun débouché à qui voulait l’apprendre.

L’école des langues orientales va ouvrir ses portes aux étrangers. C’est ainsi que les Allemands Fleicher, Weil, Kosegarter et Flugel, viendront s’y former, avec le bavarois Muller, le Suédois Torengerg, l’Italien Peyron, le Genevois Humbert et l’Espagnol Gayangos. Sur la demande du tsar, cette école enverra certains de ses élèves créés l’institut oriental de Saint Petersbourg. Elle créera aussi l’école hongroise d’orientalisme, à dominante juive, avec à leur tête Goldziher. Sylvestre de Saci avait donné un certain lustre à cette école. Après sa mort, en 1838, l’école périclita. Parmi les premiers élèves qui sortiront de cette école, nous trouvons Champollion, Chizi, Abel, Remusat, Saint Martin, Quatremère, Jaubert. Plus tard sortiront Reinaud, Caussin de Perceval, de Slane, Fresnel, Kazimirski, Bédillot, Langlois, Renan, Bresnier, Cherbonneau.

Revenons à 1796. Bonaparte débarque on Egypte. Il n’a pu emmener avec lui que neuf traducteurs, avec à leur tête Venture de Paradis, qui sera remplacé à, Sa mort à Akka, par Jaubert. On s’aperçut que sur les neuf interprètes qu’il avait emmenés avec lui, deux seulement étaient valables, Bonaparte décida d’en former sur place, avec des autochtones qui, eux connaissaient l’arabe. Il recruta pour cela dans le milieu juif et chrétien, ceux qui avaient fait plus ou moins des études de français. Il les intégra dans les unités de mamelouks. Plusieurs d’entre eux embarqueront avec l’armée française, lorsqu’elle quittera l’Egypte.

Lorsqu’en 1830 les Français décident d’attaquer Alger, ils ne pouvaient, on raflant les fonds de tiroirs, mettre à la disposition de leur armée que cinq traducteurs valables, dont un Syrien, le père Zaccar, et un Juif, ancien colonel de Mameluk, Jacob Habaibi, et dix-huit autres d’un niveau quelconque. Les dix-huit étaient composés de six Juifs, six anciens mameluks et six Français.

En 1832, sur les cinq valables, il ne restera en place qu’un seul, le père Zaccar. Les autres quitteront Alger, déçus de n’avoir pas trouvé ce dont ils rêvaient. Ils s’attendaient à vivre une vie de pacha, et ils se trouvèrent dans une situation toute autre. Dans Alger, même ils n’étaient pas on sécurité. Quant à s’éloigner de cinq kilomètres de la ville, il ne fallait pas y penser, à moins d’être deux mille et d’accepter le risque d’en laisser quelques-uns sur le tapis. Les attaques contre Alger, malheureusement non coordonnées, étaient continuelles. Souvent la ville n’était pas ravitaillée en frais et il fallait se rabattre sur le biscuit de guerre et les salaisons. Cela sans compter la haine et le mépris visibles sur les visages de presque tous les Musulmans. La peur régnait, et tous ceux qui pouvaient rentré en France le firent.

En 1833, faisant le bilan des moyens humains dont elle disposait, l’armée française s’aperçut qu’elle n’avait qu’un seul traducteur écrivant en français et en arabe, le père Zaccar. Il y avait vingt traducteurs qui ne savaient écrire que le français et un qui ne savait écrire que l’arabe. Il y avait un autre traducteur compétent, le Syrien Abdellah Al Hasbouni, mais il avait été nommé consul auprès de l’Emir Abd El Kader à Mascara.

Paris ne pouvant accéder en rien à la demande de son armée, l’autorisa à recruter comme bon lui semblait. Le recrutement se fit à travers toute la Méditerranée et même plus loin. Il ne se fit ni sur diplômes il n’y en avait pas, ni sur concours personne, n’était à même de le faire passer, mais sur simple recommandation d’une personnalité française. Alors convergea vers Alger tout aventurier sachant baragouiner un peu l’arabe et un peu de français. Sans compter que pour avoir la recommandation, il fallait avoir rendu des « services ».

D’Egypte viendront des anciens mameluks comme Pharaon et ses deux fils, Salippe, Makarius, Monty Vathan et Adellah. De Syrie, une dizaine : les deux frères Accar, les trois Roussemu, Bramemscha etc. De Grèce : Dimitry, Nazo, Nicfort. De Malte : They, Thuma, et Bogo. De Bulgarie : Mayer Joseph. De Cayenne : Urbain Ismael­Thomas. De Gibraltar : Abi Tebel, Levy Issao et El Bas Salomon. De Tanger : Sehousboré et Pinto. Du Liban : Chidiak Jean et Chihab Mahmoud. De Palestine : Payan, Julien et Gandolphe. De Tunis : Lombard, Aubin et Baranès. De Bavière : Federman. De Prusse : Goert. D’Italie : Bottari Canapas. De Sardaigne : Baxu. D’Angleterre : Seignette. De Grèce : Debonnemain et Calendini. De Chypre : Rey. D’Espagne : Balestro. D’Allemagne : Muller etc. D’Algérie on recrutera 21 Juifs : les trois frères Abucaya, Taboni, Daninos, Amar, Teboul, etc. De France, ne viendront que quatre dont un sera célèbre : Léon Roche. Plus tard d’Irlande viendra De Slane, qui sera suivi du Français Quatremère et d’autres qui n’ont pas fait parler d’eux.

En 1845, ils seront une centaine et c’est avec ce monde que va commencer l’étude de la langue arabe en France. Ils seront la base de départ de l’école orientaliste française.

A la même période se constituait en Algérie, à Sidi Bel Abbés exactement un nouveau corps d’armée qui prendra le nom de « Légion étrangère ». L’école orientaliste est la sœur jumelle de la Légion étrangère. Elles sont nées en même temps, sur le même sol, dans les mêmes conditions de recrutement, pour le besoin et avec le même patron, à savoir l’armée colonialiste française. Elles disparaîtront en même temps et pour la même cause : elles sont devenues inutiles avec l’indépendance des pays du Maghreb. Elles auront vécu dans la même atmosphère. Pour les militaires français, le légionnaire n’était « qu’un repris de justice, un évadé du bagne, un sans patrie ». Pour l’universitaire, les orientalistes, ne sont que les intellectuels du fourbi, du bakchich, du méchoui et de la fantasia. L’universitaire français ne fraternisera jamais avec les orientalistes

Jetons un coup d’œil sur cette centaine d’individus qui vont faire connaîtra, à partir de 1845, non seulement à la France, mais à toute l’Europe moins l’Angleterre, ce qu’est la langue arabe et ce qu’est l’Islam. Une trentaine sur les cent sont des juifs, une quarantaine viendront de vingt-deux pays différents et une trentaine sont français. Mais, très vite une vingtaine de français quitteront ce corps. Une dizaine va s’engager dans l’armée active et une dizaine donnera sa démission. (Ces derniers quitteront l’Algérie et l’orientalisme, dégoûtés par ce milieu. Parmi eux, (Gauthier et Bourcet, élèves de l’école des langues orientales, dans leur lettre de démission ne se gêneront pas pour dire : « qu’ils étaient dégouttés de se voir donner pour collègues des individus méprisables ». Ça ne devait pas sentir bien bon, pour que vingt jeunes sur trente, qui avaient abandonné leur pays pour une carrière, qui s’étaient expatriés, lâchent tout d’un coup.

Plus tard, cette équipe sera renforcée par les Baussier, Kazimirski, Cherbonneau, Fagnan et De Slane. Ils donneront un peu plus de niveau aux travaux les sortant du grossier et du vulgaire. Mais ils ne pourront changer la mentalité, car la souche sur laquelle ils vont se greffer, est de la plus sale espèce. Ce ne sera pas eux qui vont influencer cette école, c’est elle qui va déteindre sur eux et elle portera ses tares congénitales jusqu’à la fin.

En 1860, le système sera réorganisé et le travail réparti. Paris s’occupera de donner des rudiments d’arabe, de conditionner le futur orientaliste et surtout d’éliminer ceux qui, par leur manière de penser, ne seront pas aptes à fournir le travail que l’on attend d’eux. Paris s’occupera de la décantation et du tri, à Alger on se chargera, de faire les travaux pratiques. C’est là, loin de l’atmosphère parisienne avec ses idées de liberté, de justices et de droit, que l’orientaliste sera façonné. C’est dans un milieu dominé par le racisme, le passe-droit et le mépris de l’homme, qu’il donnera les fruits que l’on attend de lui. Chaque plante a besoin d’un climat spécial pour s’épanouir. De plus, en chargeant Alger du travail le plus gros, on déchargerait Paris des dépenses que cela occasionne, le contribuable français demande des comptes et pourrait tiquer, tandis que l’administration algérienne n’a de comptes à rendre à personne.

On recrutera, au compte-goutte, quelques « indigènes » au Maghreb. Souvent consciemment, rarement inconsciemment, ils serviront d’antennes au système et ils plaideront toujours, auprès des leurs, la supériorité de l’homme occidental sur le musulman. Leur champ d’action sera quelques intellectuels et les hommes de religion, les seuls, qui à l’époque, étaient jugés potentiellement dangereux.

A la fin du 19e siècle, l’Algérie et la Tunisie étant entièrement occupées, vint le tour du Maroc. C’est sur ce pays que va se porter le gros de l’effort. On créera « la mission scientifique au Maroc », avec sa revue : « La revue du monde musulman ». C’était l’apothéose des orientalistes. Pour eux l’Islam n’a pas cinquante ans à vivre. Le maraboutisme qui était un danger, ne l’est plus au contraire, il est devenu le meilleur atout entre les mains des colonialistes. Les anciens chefs de confrérie ou de zaouïa, qui étaient des hommes de valeur, seront morts et remplacés par leur progéniture, que l’on a pris soin de dévoyer. Jouisseurs et alcooliques, ils seront la docilité même avec l’administration. Tels fils de cheikhs de zaouïa dont le père quittait précipitamment le village pour ne pas voir un « roumi », lorsque la vigile lui en annonce l’arrivée, sera un pilier des bars d’Alger. Pour plus de sûreté on créera même de nouvelles confréries comme El Amaria. Le Chatelier, directeur de la « Revue du monde musulman », pourra écrire en juin 1914, dans une introduction sur Lammens, ce qui suit : « le père Lammens nous montre par son savant réquisitoire contre l’Islam, tout ce qu’on peut tirer de la méthode. Il reprend, dans la forme la plus moderne, l’ancienne lutte du christianisme absolu contre l’Islam condamné, l’adversaire touche des épaules. Aucun doute, la victoire de la vraie religion contre la fausse religion est complète ».. (Vraie religion, pour Le Chatelier c’est le christianisme). Comme on le voit, le directeur de cette revue est viscéralement antimusulman. Son bras droit, à l’époque était Massignon, membre du comité de rédaction de la revue.

Puis viendra la Première Guerre mondiale. Les musulmans, tous les musulmans du monde, vont être manipulés d’une façon telle que leur comportement sera la plus grande honte de leur histoire. Ils en subissent les séquelles jusqu’à ce jour. Les orientalistes allemands arriveront à mettre derrière leur pays une partie du monde musulman. Les orientalistes anglo-français mettront l’autre partie avec eux, et on assistera à une guerre où des musulmans tueront d’autres musulmans, ou se feront tuer, pour le bénéfice de ceux qui sont leurs ennemis. Les Musulmans y laisseront plus d’un million de morts, sans compter la perte de l’indépendance pour des pays qui étaient plus ou moins libres. Les Anglo-français auront gagné la guerre. Ils en profiteront pour se partager le territoire de l’Islam et pour l’amputer d’une partie au bénéfice des Juifs. Si les Allemands avaient gagné la guerre, ils auraient agi de la même manière envers le monde musulman. Encore, si les nôtres avaient agi comme mercenaires, même pas ! Le mercenaire exige de fortes sommes. Il joue sa vie contre de l’argent comptant. Les Musulmans se sont contentés de promesses, comme ai les Européens avaient une parole.

En 1920 commencent les années fastes pour l’Occident, surtout pour les Anglais et les Français. Tout ce qui valait la peine d’être conquis le sera. Pas une mouche ne peut se poser sans autorisation de l’un des deux pays. Le général Gouraud, pourra venir donner un coup de pied au tombeau de Salah Eddine Al Ayyoubi et s’exclamer : « Saladin nous voici ! ». La presse mondiale reprendra cette expression. Il n’y avait plus qu’à maintenir la situation telle qu’elle était. L’armée aura son rôle, les orientalistes le leur.

Mais, au Maghreb, dans le Rif marocain, ils auront à faire à un imprévu. Abdelkrim El Khattabi, le grand Abdel Karim, va leur faire passer des sueurs froides dans le dos pendant cinq ans. Il mettra l’armée espagnole on déroute. L’armée française viendra à la rescousse avec quatre cent mille hommes, sous les ordres du Maréchal Pétain. Les orientalistes seront appelés à apporter leur concours. Ils seront éparpillés à travers tout le monde musulman pour discréditer Abdel Karim on utilisant leurs « amis » et l’argent. C’est ainsi qu’aucune aide musulmane ne parviendra aux combattants du Rif. Même les produits des quêtes disparaîtront encours de route, sans laisser traces. L’intox et tous les moyens psychologiques seront utilisés par les orientalistes, avec à leur tête leur élève, devenu maître : Lyautey, pour décourager et démoraliser les tribus du Rif. Vaincu par deux grandes armées occidentales, fortes à elles deux de 800.000 hommes, AbdelKarim déposera les armes. Entre temps, il aura rendu à la jeunesse musulmane de l’époque l’espoir et au monde musulman une dignité.

Mais Allah ne veut pas « que les mécréants éteignent Sa lumière avec leur bouche ». La même année, 1928, celui qui là-bas, au fond du Nedj guerroyait et que l’on ne désignait que comme un chef de bande de bédouins, Abdelaziz Ibn Séoud, allait libérer le Hedjaz de l’impureté et rétablir la loi d’Allah à Mekka et Médina, au moment où elle n’allait plus être appliquée à Istanbul. Pour le priver de ressources, les Français interdiront le pèlerinage à leurs ressortissants musulmans pendant huit ans. Mais Allah, dans une situation identique ne nous avait-il pas dit « Si vous craignez une baisse de revenus, Allah vous enrichira ! » (Attawba 28).

Puis vint la Deuxième Guerre mondiale. Cette fois-ci, en général les Musulmans ne marcheront pas. Au Maroc et on Tunisie, le service militaire obligatoire n’existait pas. En Algérie, où il était obligatoire, les Français, sur le conseil « des spécialistes » ont préféré ne pas appeler les jeunes Algériens sous les drapeaux. On ne leur faisait pas confiance. La montée du nationalisme les a mis en garde. Dans les trois pays, on recruta sur engagement volontaire. Qui s’est engagé ? Celui qui voyait l’horizon bouché, celui que la misère et le chômage poussaient à bout. En s’engageant il était sûr d’être habillé, de recevoir régulièrement sa gamelle de soupe, en plus l’espoir qu’une fois la guerre terminée, il aura un emploi réservé de caïd, garde champêtre ou garde barrière. Il savait qu’il pouvait y laisser la vie, mais cette vie ne valait pas la peine d’être vécue. A la fin de la guerre, ils furent démobilisés, avec un coup de pied. Tu as servi, j’ai payé, nous sommes quittes. Rien n’est plus impudique que d’entendre certains d’entre eux dire : « nous avons aidé à libérer l’Europe du Nazisme ». Si tu sais libérer, libère-toi toi-même. Il est encore plus malheureux de lire dans des écrits, émanant de patriotes que « les anciens combattante de 1914-1918, avaient connu la liberté, le droit et la justice pendant leur séjour en France, ont contribué au réveil du nationalisme à leur retour ». Premièrement ils n’ont connu ni la liberté ni le droit, ni la justice ; ils n’ont connu que les lieux de débauche et l’alcool. Deuxièmement, ils ont été toute leur vie les laquais du colonialisme. Leur organisation, « Dar el ‘Askri » qui existait dans toutes les villes du Maghreb, était le nid du mouchardage et le plus efficace système de déculturation.

Portant sur des burnous ou des vestes étriquées leur décoration, ils étaient de toutes les manifestations colonialistes et ce jusqu’aux indépendances des trois pays.

En 1943, les « spécialistes » recommandent la déposition du Bey Moncef. Il avait une notion de la dignité et un amour de son peuple qui n’allaient pas avec la politique des colonialistes.

En 1954, les orientalistes feront le rassemblement de tout ce qu’ils avalent comme laquais dans le Maghreb arabe: chefs de confréries, chefs de tribus, fqihs en peau de lapin pour leur faire déposer Sa Majesté Mohamed V. Seul Massignon, ayant tiré leçon de la déposition de Son Altesse Moncef Bey, sera contre cette entreprise. Devenu vieux, il ne sera pas écouté. Il avait remarqué qu’après la déposition du Bey, le peuple tunisien était devenu plus combatif, mieux organisé et plus uni. Les quelques « intellectuels » sur qui comptaient les Français, se sont démonétisés d’eux-mêmes, et le peuple tunisien qui leur donnait auparavant une certaine considération, s’est mis à les mépriser. Massignon avait vu juste.

C’est ainsi que ce qui n’était, avant la déposition de Sa Majesté Mohamed V, que des ruisseaux, allait devenir un torrent qui emportera le système colonialiste. Ni les chefs de tribus, de confréries, ni les fqihs à la noix, ni l’armée colonialiste n’arriveront à l’endiguer.

Le 1er Novembre 1954, c’est le peuple algérien qui entreprend sa guerre de libération. Cette fois on fera appel, non seulement aux orientalistes, mais également aux ethnologues et aux sociologues. L’on verra reprendre du service les anciens « spécialistes des affaires musulmanes » de Tunisie comme du Maroc, sous la direction du général Parlange, ce grand criminel, qui partout où il passa, a laissé un charnier de femmes et d’enfants. On en découvre encore, et rien n’est aussi bouleversant que de tomber sur le squelette d’une femme serrant dans ses bras le squelette d’un enfant.

Les élèves de Massignon : Vincent Monteil, Germaine Tillon, Lucien Paye, les Servier etc. seront appelés à la rescousse. Ils formeront le brain-trust de Soustelle, gouverneur général de l’Algérie.

Le 20 Août, jour anniversaire de la déposition de Sa Majesté Mohamed V, Zirout Youcef avec les moujahidines du Nord constantinois, par une opération géniale, va mettre parterre tous leurs plans et tous leurs efforts. Il obligera les Français à se démasquer et Soustelle, chef de tous ce monde, à montrer son vrai visage au peuple algérien. Leur opium n’ayant pas servi, ils montreront le bâton. Zirout créera le point de non-retour. Oui ! Zirout le fils du peuple, réduira à, néant en une journée les plans et les stratagèmes de ces messieurs sortis des grandes écoles, spécialistes d’un tas de disciplines, aidés par des généraux qui une fois réunis totalisent la centaine d’étoiles.

Beaucoup de Musulmans se laissent prendre et accordent une sympathie à, des hommes qui ont pris des responsabilités dans le système colonialiste, et qui, à un moment démissionnent, parce qu’ils ne partagent plus l’opinion de leur gouvernement. Ces hommes ont été d’accord avec leur gouvernement sur le fond, c’est-à-dire le maintien de la domination de leurs pays sur le Maghreb. Ils ont démissionné à cause de la manière, car ils étaient conscients que c’est ainsi que la France allait perdre sa domination du Maghreb. S’ils condamnaient le bâton, ils préconisaient l’opium. Mais leur but était le même que celui du plus colonialiste des colonialistes, ils étaient en désaccord avec lui sur la manière, mais ils étaient d’accord sur le fond. Tietgen par exemple, qui était à la tête de la commission de sauvegarde des droits de l’homme en Algérie, a démissionné. Mais quand ? Non pas quand il savait que dix Algériens étaient morts sous la torture, non pas quand ils étaient cent ni mille, ni cinq mille, mais quand le chiffre est arrivé à sept mille et que le sept millième ne s’appelait pas Ahmed mais Maurice. Six-mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf cadavres d’Algériens n’ont pas fait bouger Monsieur Teitgen mais le sept millième n’étant plus un Ahmed, il s’est aperçu qu’il avait une conscience.

Il n’y a aucune différence entre le ministre de l’intérieur de l’époque, qui ordonne aux gendarmes de liquider les Moujahidines prisonniers, parce qu’ils risquent de s’évader et de rejoindre le maquis, le légionnaire qui loge une balle dans la tête d’un jeune de quinze ans, « pour ne pas l’avoir contre lui dans deux ans », ou le para qui courageusement plante son poignard dans le cœur d’une femme arabe ; « car elle ne peut enfanter que des fellaghas ». Pour tous l’Arabe n’est inoffensif que mort.

Créé pour le renseignement et la manipulation, l’orientalisme ne pouvait faire que cela. Il n’a pas été créé pour la culture. Les belles lettres n’étaient pas pour lui un but, mais un moyen pour s’introduire dans les milieux musulmans, pour y collecter le renseignement. Quel était le chef d’une armée colonialiste qui n’avait pas son orientaliste ? Lyautey, l’élève et le maître des orientalistes était leur idole. Il était pour « la pénétration pacifique », tout comme son élève Vincent Monteil, mais dans l’autre sens. Il a fait couler le moins de sang, nous dira-t-on, cela ne l’empêche pas d’avoir ravi au Maroc sa souveraineté

Avant de disparaître, la légion étrangère enfantera les parachutistes, et avant de disparaître, l’orientalisme aura donné naissance à la coopération et aux techniciens. Le regretté Docteur Khaldi, en 1963, en voyant débarquer dans les pays du Maghreb ce flot de conférenciers et de coopérants avait vu juste en écrivant : « les chaires d’orientalisme d’africanisme, de sinologie ou d’hindouisme, n’étaient que des laboratoires où s’élaborait la « pensée » qui devait servir à émietter, à désorienter, abêtir pour mieux domestiquer les peuples arabe, africain, chinois ou hindou ».

La libération des peuples d’Afrique et d’Asie, en reléguant aux oubliettes de l’histoire les spécialistes et leur alchimie, va faire apparaître toute une floraison de « techniciens ». « Plus loin, Khaldi nous décrit ce technicien qu’il surnommait « l’indigéniste », : « il n’est pas comme son prédécesseur l’orientaliste un homme de chaire ou de laboratoire. Il opère sur le terrain, parcourt le pays, donne des conférences, des interviews, des consultations. Il prend contact avec les dirigeants, peu importe qu’ils soient monarchistes, révolutionnaires ou autocrates, Il ne néglige surtout pas la base. Il a des relations et souvent des complicités dans le pays où il se rend. « Et il conclut : « nos propres problèmes doivent relever de nous-mêmes, et si nous n’y prenons garde, nous aurons bientôt la surprise de voir des prédicateurs d’un genre nouveau, jusque dans nos mosquées » ».

En effet, quand les trois pays du Maghreb devinrent indépendants, ils se trouvèrent face à un besoin de techniciens angoissant. Ce n’était pas le système colonialiste qui leur avait permis d’en former. Les trois pays donnèrent la priorité à l’enseignement. Si l’on pouvait, plus ou moins, se débrouiller pour le primaire, il n’en était pas de même pour le secondaire où les effectifs étaient très faibles, surtout que nombre de professeurs ont été utilisés dans les postes clef de l’administration. On se rabattit sur les pays arabes frères, et vite on s’aperçut qu’ils étaient loin de pouvoir satisfaire la demande en quantité et surtout en compétence. Ils passaient leur temps à faire l’éloge de leur pays respectifs et à déblatérer sur les autres. Ils sont arrivés à se rendre ridicules, même auprès de leurs élèves. Il est vrai qu’un petit nombre sauvera l’honneur et mit tout son cœur à l’ouvrage.

On se tourna vers la France, seul pays susceptible de fournir des enseignants compétents et en nombre. Il est à remarquer que les pays francophones, comme la Belgique, la Suisse, le Canada, se récusèrent. Il fallait laisser la chasse gardée à qui de droit, solidarité occidentale oblige.

Pour disposer d’un nombre suffisant d’enseignants, les Français décrétèrent que quiconque avait à faire son service militaire, pourrait le faire comme enseignant dans les anciennes colonies, s’il en avait la compétence. On créa, à Aix-en-Provence, un centre pour soi-disant familiariser les partants avec le pays d’accueil. Qu’on ne s’imagine pas que pendant le stage on va leur donner des consignes ! Dans les trois pays, il fallait envoyer des enseignants qui, inconsciemment dressent les jeunes contre le régime de leur pays, et par là affaibliront l’état Ceci nous éclaire sur toutes ces grèves et manifestations de lycéens, dans les trois pays, pendant une dizaine d’année, et qui cessèrent au fur et à mesure que les nationaux prirent on mains l’enseignement secondaire. Ces coopérants ont manipulé les élèves, souvent sans se rendre compte de ce qu’ils faisaient. Ils étaient jeunes et ne pouvaient pas s’apercevoir d’un tel machiavélisme. Signalons au lecteur, qu’à la tête du centre d’Aix-en-­Provence, était l’orientaliste Letourneau.

Dans le supérieur, la situation était autre. Il ne s’agit plus de jeunes qui ne pensent pas faire carrière dans l’enseignement. Là il s’agit de fonctionnaires sensibles à l’avancement et aux notes. Leur petit nombre permettait le choix et les consignes. Les consignes étaient de bloquer et décourager les valeurs et de favoriser, par les notes les plus incapables. Des trois pays, l’Algérie se trouvait la mieux dotée on enseignants nationaux du supérieur. En médecine, par exemple, au départ, elle disposait d’un corps de médecins compétents et dévoués, ils entreprirent leur travail, pour soigner comme pour former, d’une façon digne d’éloges. Il n’en fut pas de même en économie, par exemple, ou les coopérants furent longtemps maîtres du terrain. Ils firent un ravage, dont ce pays souffre encore. Ils dégouttèrent ceux qui avaient la clairvoyance, les obligèrent à changer de branche en les faisant redoubler, et ils complexèrent le reste. Si bien qu’aujourd’hui, lorsqu’un économiste avance une aberration on dit : « il ne faut pas lui en vouloir, il a été élève de Tiano ». Mais, heureusement la plupart se sont détianisés.

Il en est parmi les Arabes qui osent parler de « l’œuvre des orientalistes », faisant allusion aux livres arabes qu’ils ont publiés. Certains sont allés jusqu’à dire, qu’ils nous ont sauvé notre héritage culturel. Les orientalistes ne sont que les fusées éclairantes de l’artillerie colonialiste. Celui qui est éclairé par la fusée s’imagine recevoir de la lumière, pour bien se diriger, alors que c’est parce qu’il y a cette lumière qu’il recevra un obus sur le crâne. On leur jette des fleurs parce qu’ils ont utilisé l’imprimerie avant les Arabes pour sortir certains ouvrages de notre patrimoine. Ils nous ont devancé d’une vingtaine d’années, mais il est faux de dire qu’ils ont découvert tel ou tel auteur arabe ; ce qu’ils ont publié au milieu du 19e siècle n’était pas inconnu du monde arabe ils ont choisi, non dans le but de la culture, mais les ouvrages qui seraient utiles pour comprendre l’histoire et la mentalité des Musulmans afin de les mieux dominer. Ils ont travaillé pour eux-mêmes. En réalité, ils ne se sont intéressés qu’à ce qui les éclairait sur les défauts des Musulmans, et n’ont cherché à connaître que son côté faible. Jetons un coup d’œil sur ce qu’ils ont publié. Ils ont publié Ibn Khaldoun. Mais pas tout Ibn Khaldoun, uniquement la partie qui concerne l’histoire du Maghreb et la Muqaddima, où il décrit les mœurs des Arabes et des Berbères et surtout leurs défauts, selon lui, andalou aigri et déçu. Donc, en le publiant, De Slane ne publiait pas l’œuvre d’un écrivain, mais ce dont il a besoin. A-t-il fait découvrir Ibn Khaldoun aux Arabes ? Absolument pas. Quel était le bibliophile arabe qui n’en avait pas une copie ? De Slane s’en procura six pour son travail, pour comprendre la « Assabiya ». La « Assabiya », les Arabes ne l’étudiaient pas, ils la vivaient. On s’imagine qu’il a passé ses nuits à collationner les six manuscrits. Erreur ! Il y avait à l’époque au moins une centaine de Machaikh au Caire qui pouvaient lui faire correctement et rapidement ce travail pour l’équivalent de deux dollars les seize pages. Correction des épreuves en plus. Des spécialistes de ce genre sont encore nombreux. Si De Slane a traduit c’est autre chose, mais pour l’édition en arabe, il n’a été qu’un simple commanditaire. (Source secours arrivé jusqu’ici, mise en ligne le 20 Août 2005 : http://www.alterinfo.net/L-Islam-agresse-1ere-et-2eme-partie_a337.html)

Voyons maintenant un ouvrage arabe publié par des orientalistes : «Nafh At-tib» d’El Maqarri. Ici nous pouvons dire qu’il s’agit d’une « œuvre » des orientalistes. Ils se sont mis à quatre : Dozy, Duat, Krehl et Wright, pendant six ans de 1855 à 1861 pour n’imprimer que deux tomes sur les quatre soit au total 1778 pages. Vous croyez qu’ils ont sorti une merveille ? Non ! Ils reconnaissent, eux-mêmes, cinq mille fautes dans cette édition. S’il n’y a pas de faute dans Ibn Khaldoun, le mérite revient aux Egyptiens. Très peu de temps après, l’imprimerie Al Amirya de Boullaq, sortait au Caire « Nafb At-tib » en entier et sans faute. Cette imprimerie est une institution qui fait honneur à ses fondateurs. A elle seule, elle a publié au moins cinquante fois plus d’ouvrages que tous les orientalistes réunis. Les tafcirs de Tabari, Kortoby, Arrazi etc…Les Lisan al ‘Arab, les Taj Al ‘Arouc, kitab Al Aghani, Ibn Khaldoun, mais en entier et d’autres et d’autres. Aujourd’hui encore des « éditeurs Libanais » font fortune en reproduisant ce que Al Amiriya a produit. Mais cette institution, qui a rendu le plus de service à la culture arabe jusqu’à ce jour n’est connue que de quelques professionnels, tandis que le premier venu européen baragouinant un peu l’arabe est célèbre chez nous. Nous sommes vraiment ingrats quand il s’agit des nôtres.

Il y a beaucoup de savants que l’on catalogue, injustement, comme orientalistes. Il faut faire la différence et ne pas commettre cette injustice. Les orientalistes sont ceux qui n’étudient le monde de l’Islam que pour mieux le faire dominer. Mais heureusement, il y a des savants qui ont étudié la civilisation musulmane dans un but scientifique. Il est très simple de reconnaître les uns des autres. Les orientalistes s’intéressent à la religion, à l’histoire, aux coutumes, c’est à dire uniquement ce qui peut servir à manipuler l’homme musulman. Les savants étudient la civilisation musulmane en tant que civilisation. Lorsque H. Saladin étudié l’architecture musulmane, il apporte en tant que savant sa contribution à l’étude de l’architecture.

Gustave Lebon n’était pas un orientaliste lorsqu’il a écrit «La civilisation des Arabes », c’est un savant multidisciplinaire, qui a traité cinq ou six sujets absolument différents, comme l’équitation, la psychologie, le nucléaire ou la photographie. Golvin a étudié les arts populaires du Maghreb. Il a rendu, grâce à ses publications, un immense service et a contribué à faire connaître une culture. Un seul homme a été capable de faire connaître le génie littéraire arabe, c’est l’Egyptien Mardrus. Si l’on mettait tout ce que les orientalistes ont traduit des lettres arabes devant la traduction des « Milles et une nuit » de Mardrus, elles paraîtraient bien pauvres. La traduction de Al Hallaj de Massignon serait une souris à côté d’un éléphant. Des hommes comme les professeurs Canard ou Pérès ont étudié la langue arabe par amour pour cette langue. Je ne cite que quelques exemples, pour que l’on ne généralise pas. A tous ceux qui ont été loyaux avec nous, nous apportons notre reconnaissance et notre estime, et comme disait si bien le Dr Khaldi: « Il y a celui qui avec nous est loyal, et il y a celui qui veut de nous le loyalisme ». (Longtemps les colonialistes avaient utilisé le mot « loyalisme » dans le sens de servilité).

- Massignon

La France préparait l’invasion du Maroc. En 1904 les Français ne disposaient, comme carte de ce pays que de celle dressée en 1883 par Charles de Foucault, il leur fallait savoir si elle était exacte. Le jeune Massignon se changera en 1904 de ce contrôle. Il entra clandestinement au Maroc, « déguisé ». C’est lui qui le dit, mais il prétend que c’était pour vérifier sur place son travail sur les corporations marocaines. Mais alors pourquoi se déguiser ? En 1901 l’orientaliste Montet parcourt tout le Maroc sans avoir à se déguiser. Montet était un honnête savant.

Le 7 Février 1900, c’est à dire quatre ans auparavant, le professeur Auguste Molièras, titulaire de la chaire d’Arabe à Oran, « sans aucun appui officiel ou religieux », débarque à Tanger, se dirige vers Fez et ne quittera le Maroc que le 12 Mai 1900.

Parlant de Foucault Massignon nous dit : « lui déguisé, passait pour un espion, alors que se seule et dure passion scientifique était de remplir un vide dans la carte du Moyen-Atlas marocain ». Le colonel Lehureaux qui était directeur des territoires militaires au gouvernement général de l’Algérie, n’est pas de l’avis de Monsieur Massignon. Il nous dit dans son livre sur de Foucault : « méconnaissable sous le tarbouch et la djellaba israélite, l’ancien viveur commençait sa vie d’humiliation volontaire, insensible aux railleries comme aux injures. Charles de Foucault a rédigé sur cette mémorable exploration, un ouvrage de premier plan, document d’une valeur incomparable que l’on consulte encore de nos jours (1940) avec fruit et qui fut pendant longtemps le guide le plus précieux pour les chefs de nos troupes en opération au Maroc. Il jetait furtivement, sous l’écran de sa djellaba les notes, les chiffres, les distances, les côtes ».

Et plus loin Massignon se découvre, il dit : « A la vérification de mon itinéraire préparé à Paris, la supériorité éclatante des relevés de Charles de Foucault m’apparait ».

Tout s’éclaire : l’itinéraire, préparé à Paris, par les services spéciaux, Massignon pour la vérification. Au ministère de la Guerre, en France, on se demandait, s’il fallait compter sur la carte de Foucault. Cette carte paraissait si belle si précise qu’on n’y croyait pas. Quand on sait combien une erreur de carte peut être fatale à une armée, on comprendra pourquoi l’armée française tenait à en vérifier au moins une partie qui garantirait le reste. Et ce travail fut confié à Massignon.

A son retour, Massignon prend contact avec Foucault par l’entremise de Lyautey, par lettre, en 1906. En Novembre 1908, il rencontre Foucault à Paris, puis toujours à Paris, en Février 1911. Lors de cette rencontre Massignon propose à Foucault de le suivre au Hoggar pour travailler avec lui. Foucault lui conseille d’aller plutôt au Caire pour le même travail. C’est ce qu’il fait.

Que faisait Foucault au Hoggar? Il ne restait plus au Maghreb islamique qu’une seule organisation à lutter, les armes à la main, contre le colonialisme. C’était de Sanousiyyah. Elle ne cachait pas son but de libérer l’Algérie et la Tunisie de l’occupation française, en partant du Sahara. Elle organisait, en plus de sa lutte en Libye même des raids contre l’armée française dans les Oasis. Elle avait une stratégie : attirer le plus de forces françaises possible dans le Sahara, pays ou les hommes de la Sanousiyyah étaient comme un poisson dans l’eau. Les Français firent l’inverse. Ils dégarnirent la plupart des postes du Sahara. Foucault était au cœur du Hoggar et avait un courrier hebdomadaire avec le général Laperrine installé à mille kilomètres au Nord. Ce courrier lui apportait des vivres pour lui et pour ceux qu’il achetait de, l’argent et des directives. Le courrier repartait avec tous les renseignements que Foucault pouvait fournir grâce à son réseau d’indicateurs. Il se proposa de former une unité combattante en plein cœur du Sahara pour lutter contre les Senoussi. Un très important lot d’armes et de munitions lui fut acheminé. Il n’eut pas le temps de mettre son projet on exécution car les Senoussi eux aussi espionnaient. Apprenant arrivée des armes. Ils décidèrent de le liquider. C’est ce qu’ils firent le 1 Décembre 1916. Quand à ce « grand cœur » qu’était Foucault, selon certains milieux, laissons, ce partisan de la « Charité Chrétienne » parler : « Espérons que l’on pourra anéantir entièrement la troupe Senoussiste », écrivait-il : dans une lettre au Capitaine Duclos du 1 Septembre 1915, on réponse à des conseils que lui demandait le capitaine.

 

« Je suis entièrement de votre avis sur tous les points. Sur la nécessité absolue d’une répression sévère des crimes commis, (ici il s’agit des mêmes crimes que l’on attribue à tout peuple voulant se libérer ou se défendre ) des désertions, des dissidences, des passages à l’ennemi, sur la nécessité de l’expulsion des indésirables, espions et semeurs de troubles, sur la nécessité d’interdire tout rapport à nos sujets soumis avec les ennemis insoumis, dissidents etc., sur la nécessité de s’abstenir de négocier avec des indigènes ennemis, sauf au cas où ils viennent demander « l’aman » en faisant pleine soumission. Ne pas réprimer sévèrement, c’est enhardir les criminels et encourager les autres à les suivre, c’est perdre l’estime de tous, soumis et insoumis, qui dans cette conduite, ne voient les grandir infiniment et nous diminuer d’autant. Que le lecteur algérien ne s’imagine pas que je me suis trompé de fiche. Ce n’est pas Bigeard, c’est bien Foucault qui a écrit cela.

La Senoussia trouvait chez le peuple Algérien un grand appui, matériel et moral. Massignon, avait pour tâche de combattre cette confrérie en Egypte, tâche à laquelle il se consacrera deux ans comme « archéologue ». Il dit « qu’il a vécu au Caire deux ans en marge. Escapades violentes, déguisé an fellah, milieu de hors la loi, rage de comprendre et de conquérir l’Islam ».

Escapades violentes en milieu de hors la loi c’est ce qui explique l’assassinat de nombreux moqadams de la senoussya et l’attaque de caravanes d’armes. Il ne faut pas oublier que par accord tacite l’Egypte devait rester chasse gardée pour les Anglais. Et Massignon ne pouvait pas agir librement.

Ouvrons une parenthèse pour expliquer au lecteur ce qu’étaient Foucault, Massignon et d’autres. Il y eut an France, après la défaite de 1871, une génération de Français qui ne pensaient qu’à la revanche

Ils s’y préparèrent, par l’agression et la mainmise sur une grande partie du monde, qui devînt leur empire colonial. Source de matières premières et de chair à canon. Sur les 400.000 algériens mobilisés à la première Guerre mondiale, 250.000 y laissèrent leur peau pour et contre le roi de Prusse elles ces mêmes chiffres sont valables pour les Sénégalais, les lndo-chinois et d’autres. Ils créèrent une puissante industrie de guerre. Cette génération de l’après défaite de 1871 s’était groupé autour de Drumond qui avait pour collaboration le plus intime, le jeune marquis de Morès. Morès était l’ami intime de Foucault. Tout ce monde se disait Chrétien. Mais ils mettaient la France au-dessus du christianisme. Pour eux, c’est au christianisme de servir la France. Drumond accusait constamment les Juifs de trahir la France et pour lui marquer sa réprobation, le pape Léon 13 posa, insigne honneur, en personne, pour le peintre Juif Dreyfus Gonzalès, dont le tableau fut exposé au salon de 1905, c’est-à-dire qu’entre les Français et l’Eglise les rapports n’étaient pas toujours au beau fixe.

Quant à Morès, lui, après qu’un piège lui a été monté, piège dans lequel Drumond s’est laissé prendre, une affaire de dette d’honneur, il constitue une petite troupe pour combattre les Senoussi. Il sera tué du côté de Ghadamès en 1896. Chenet Maurras prendra la suite de Drumond avec comme devise « la France d’abord » malgré son attachement à l’Eglise et ses positions bien moins anti-juif que Drumond, il sera excommunié an 1926, car il reprochait à l’Eglise de ne pas assez soutenir la France. Toute l’élite française a été plus ou moins maurrassiène, Pétain comme de Gaulle, c’est à ce monde qu’appartenait Massignon. Il le dit lui-même : « depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort, ce qu’il aurait aimé être, c’est de Foucault ». « Pour tous chrétiens oui, mais français avant ». La seule allusion que fit Massignon sur la guerre colonialiste que menait son pays au peuple algérien, a été une prière en 1956.

A qui s’adresse cette prière? Les Chrétiens l’adressent dans ce cas à celle qui représente la douceur et la bonté à la Sainte Vierge.

Et bien non, monsieur Massignon l’adresse à Jeanne d’Arc. De Gaulle aussi lorsqu’il fait allusion au christianisme ne parle que de St-Louis ou de Jeanne d’Arc. On reste entre soi.

Comment de Foucault a-t-il pu capter la confiance de certains Sahariens ? N’avait remarqué que les musulmans ont beaucoup de respect pour l’ascète. Eh bien, lui le noceur, deviendra un anachorète. Il vivait plus pauvrement que ceux qui l’entouraient et se privait pour leur donner. Pour toutes ces innocentes âmes, un homme qui vit près de la misère et qui distribue des richesses ne peut être qu’un saint ; et bientôt, Allah pour le récompenser, ouvrira son cœur à l’Islam. Mais de Foucault ne se sacrifiait pas pour Dieu. Il se sacrifiait pour sa patrie.

Massignon n’avait pas le courage de Foucault. Il utilisera l’hypocrisie. Tous les Occidentaux sont frappés par l’importance que le Musulman en général et l’Arabe en particulier, accordent à l’hôte « Dief Allah ». Si tu viens à nous O notre hôte. Il décida de se servir de ce noble caractère des Arabes.

Dans les premières années du vingtième siècle, c’était la course entre Anglais et Français pour les gisements de pétrole, avec les coups bas, les assassinats, les révoltes etc., les Français connaissaient la Syrie, la Palestine, mais n’avaient pas de renseignements sur l’Irak. En 1907, ils chargèrent Massignon d’une prospection dans ce pays. Il se met en contact avec une noble famille arabe d’Irak, les Mussé, leur demandant de le renseigner sur Al-Hallaj et il termine sa lettre comme suit : « depuis un certain temps, je me suis engagé dans la crainte de Dieu, dans le respect de ses prescriptions dans la différenciation entre ce qui est permis et ce qui est interdit. Mon intention est d’être sincère envers Dieu dans tout ce que je fais ». « Je me suis appliqué dans mes prières, espérant en Son pardon immense et Sa bonté » etc. Le pauvre devant Allah son serviteur Muhammad Massignon. En écrivant ceci en arabe, Massignon. Il est resté chrétien. En se prénommant Muhammad, il est resté chrétien.

Mais, les Alussi ne pouvaient s’imaginer qu’un homme qui s’intéresse aux soufis et qui écrit de la sorte soit un hypocrite. Leur noblesse les empêche de croire que l’hypocrisie soit à ce stade. Pour eux Massignon est à un doigt de l’Islamisation et il faut l’y aider. Il a besoin sans doute de quelques éclaircissements et ils comptent les lui donner. N’oublions pas que l’Islamisation de Chidiaq avait fait grand bruit et qu’elle était encore dans les esprits. Il demande aux Alussi de l’accepter comme « hôte de Dieu ». Ils le lui accordent. Il s’embarque de Marseille en direction de Basra. Il s’installe à Bagdad et se déguise, selon lui, « en vague costume d’officier turc an permission et chevauche au désert entre Kerbela et Nagaf ».

Remarquons ce besoin de se déguiser. Au Maroc, en Egypte, en Irak, et c’est lui qui le dit. Le gouvernement turc d’abord n’avait jamais refusé l’entrés des territoires sous son pouvoir à un savant. Au contraire. Nous disposons de dizaines de relations de voyages que des savants de toutes disciplines ont effectués dans ces territoires. Seulement les « agents » savent que lorsqu’ils entrent officiellement pour un travail donné, un ou plusieurs des employée que l’on recrute, est un policier qui devient cuisinier ou terrassier.

Massignon avait deux missions, la première était de savoir s’il y avait un moyen de jeter une communauté contre une autre, comme au Liban an 1864 ; et là, somme par hasard, la marine française serait sur les lieux pour « éviter un massacre ». La seconde était de savoir si cette région pouvait être une région pétrolière. On savait que tout le Moyen Orient regorgeait de pétrole mais où ? Ce n’était pas là qu’il fallait chercher le pétrole, monsieur Massignon, mais plus au Nord, du côté de Mossoul. Seulement, s’il avait trop chevauché de ce côté il aurait subi le sort que subira le géologue Kilian, son compatriote, qui, lui, chevauchait trop du côté de Hassi Messaoud et Hassi Rmel. Lui aussi déguisé an bédouin. L’équipe du Major Bodley était là elle aussi. Kilman s’est trouvé « suicidé » dans sa chambre d’hôtel an Suisse. Massignon fut arrêté par les autorités turques et accusé d’espionnage. Les Alussi firent tout ce qu’ils purent pour lui éviter la potence. N’était le prestige de cette famille auprès du pouvoir turc et l’estime où il la tenait, ses membres auraient été accusés de complicité et auraient passé de mauvais moments. Ayant accepté Massignon comme hôte, ils se devaient de le sauver. C’est la toute la différence entre l’Occidental et l’Arabe. Pour l’Arabe, être reçu comme hôte implique des devoirs et le premier devoir est la loyauté. Pour nombre d’Occidentaux être l’hôte, c’est profiter.

Massignon devient membre du comité de rédaction de la « Revue du monde Musulman » avec Le Chatelier comme patron. Il considérera Le Chatelier comme un vrai « maure » et il finira par le remplacer à la tête de la revue.

Qui est Le Chatelier ? Le lecteur va le connaître par ses écrits. Faisant une introduction à une étude de L. Bouvat, sur l’œuvre de L. Lammens, dans la Revue du monde Musulman de Juin 1914, il écrit : « le P. Lammens ne pouvait se tromper. Il a appliqué à l’Islam, les règles critiques de l’histoire des religions. Il reprend, dans la forme la plus moderne, l’ancienne lutte du christianisme absolu montre le Mohamétisme condamné. L’adversaire touche des épaules. Le débat est seulement de savoir si l’Islam sort du ring bien ou mal en point, sous la lumière crue qui dissipe l’obscurité. Aucun doute la victoire de la vraie religion, contre la fausse religion est complète. Le P. Lammens, nous montre par son savant réquisitoire contre l’Islam tout ce qu’on peut tirer de la méthode.

A ce moment, Massignon était l’un des sept membres du comité de la revue, et tout ce qui se publie dans une revue à l’agrément du comité de rédaction.

Pendant la Première Guerre mondiale, nous retrouvons Massignon, comme capitaine, commandant le 2e bureau du général Brémond, chef de corps expéditionnaire français au Levant. Dans ses notes, il dit qu’il était dans l’état-major, sans plus. Mais une photo où il figure avec le général le désigne bien comme étant le chef du 2e bureau. Il nous dit sur cette période : « or j’ai bien connu Lawrence, nous avons été nommés tous deux, à égalité officiers adjoints de l’Emir Fayçal. Il est mort dégouté d’avoir été délégué chez les Arabes révoltés pour nous en servir, puis les lâcher » il y a là toute la différence entre les deux hommes. Lawrence, aventurier d’envergure dont s’est servi l’intelligence service, et Massignon, homme de métier. Pour Lawrence, même les gangsters ont une loi et la respectent. Lawrence était outré du non-respect de la « parole donnée ». Pour Massignon « la fin justifie les moyens ». La mission est accomplie : un pays qui était sous pouvoir islamique est passé sous pouvoir chrétien Franco-anglais. Il n’y a que cela qui compte. En 1920 Massignon devient le grand conseiller du gouvernement français pour les affaires musulmanes. Il est en même temps le grand patron de l’enseignement de l’arabe dans « la France et ses colonies ». Il créera un véritable réseau à travers le monde musulman et surtout arabe, sous couvert d’instituts. Et en utilisant ce qu’il appelle ses élèves.

Il a créé une méthode diabolique. Pour obtenir un diplôme d’arabe, le candidat doit devenir, « comme un mort entre les mains de son laveur ». Première obligation : correspondre personnellement avec Massignon. Dans la correspondance se glissent quelques questions pour lesquelles la réponse doit être un véritable mouchardage. Il lui faut compromettre le candidat. Les questions ? Comme celle-ci : « je me suis laisser dire que un tel était en mauvais termes avec un tel, mais je ne fais confiance qu’à vous pour éclairer ma lanterne, car j’ai beaucoup d’estime pour les deux et leur discorde me fait de la peine ». Si le candidat ne répond pas comme un vulgaire mouchard, il pourra toujours courir pour être agrégé ou docteur.

La deuxième condition est de n’avoir aucun rapport avec les mouvements nationalistes. Prenez par exemple la centaine de noms d’universitaires nationalistes, tunisiens, algériens et marocaine, vous y trouverez des avocats, des médecins, des pharmaciens, des ingénieurs, mais pas un agrégé d’arabe. Les arabisants des mouvements patriotiques sortent de la Zitouna, d’El Qaraouiyine, ou ont été formés par l’Association des Ulamas d’Algérie. Mon frère Abdelkader me disait que « l’agrégation d’arabe n’est accordée aux indigènes par l’administration française que comme la médaille militaire aux tirailleurs, pour bons et loyaux services ».

Il ne faut pas confondre enseignants d’arabe et élèves des orientalistes. Nous avons eu de nombreux enseignants d’arabe qui ne devaient rien aux orientalistes, tout en étant fonctionnaires de l’administration française. Certains d’entre eux ont fait pour la langue arabe et pour l’Islam un travail qui les honore. En général, ils ont fait leurs études sur place ou dans certaines Zaouia ou Médersas, comme le Cheikh Ibnou Zekri, qui a été un élève de Mazouna, cette école qui nous a donné tant de valeurs sous l’occupation française. Les Français ont voulu exploiter sa vaste culture et sa puissante personnalité et l’utiliser en le présentant à l’étranger comme un prototype de leur formation. Ils le nommèrent directeur du lycée franco-musulman. L’immense majorité des élèves de ce lycée participera plus tard, d’une façon active à la lutte de libération, soit en jounoud de l’armée de libération, soit en prenant des responsabilités dans l’organisation politique. Voici ce qui s’était passé bien avant. Le Cheikh Ibnou Zekri, accompagné du Cheikh El Mecheri Aouissi eut une réunion secrète avec le Cheikh Bachir Ihrahimi et Ferhat Eddarradji an domicile de mon frère Abdelkader, rue Zaatcha. La rencontre de deux patriotes de cette envergure a évidemment débouché sur un accord : « que chacun travaille de son côté à l’objectif commun ».

Cette parenthèse étant fermée, allons retrouver Massignon comme conseiller de tous les gouvernements qui se sont succédés an France, Massignon donnait les directives à suivre envers tel ou tel personne ou mouvement. Il recommandait la tracasserie administrative. Ainsi Hamouda Banseï qui le dénonçait, n’a pu entrer en possession de l’héritage de son père qu’au bout de trente ans et parce que l’Algérie était devenue indépendante.

Voyant que les Musulmans étaient fiers de la qualité des Européens qui embrassaient l’Islam, alors que seuls les gosses mourant de faim se faisaient chrétiens, il résolu de frapper un grand coup. Il se fit dresser une liste des fils de grandes familles de Fez. Il fit étudier leurs caractères et il choisit le plus faible de caractère. Il finit par se faire recevoir par cette famille, par recevoir le fils en France. Il organisa son siège et le fils capitula. Sa famille et le monde apprirent qu’il est devenu prêtre. Ce ne fut ni un gain pour le christianisme ni une perte pour l’Islam. Mais lorsqu’on connaît l’attachement des belles familles marocaines à tout ce qui fait leur personnalité islamique, on comprendra le choc que cela fit dans ce milieu. Ce prêtre écrivit un livre, où il remarquait que les Musulmans ne peuvent s’élever, car ils ne connaissent même pas la chaise, ils s’asseyent par terre. C’était avant que l’Occident ne découvre le Yoga, qui a prouvé que la meilleure façon de se concentrer c’était de s’asseoir comme les Musulmans.

- La deuxième opération réalises par Massignon est l’affaire El-Ogbi.

L’association des Ulamas musulmans algériens était la seule organisation, avant la Deuxième guerre mondiale que craignait l’administration, Son président fondateur Cheikh Abdelhamid Ben Badis, dirigeait le revue « Achihab » dont la devise était : « L’Islam est ma religion, l’Arabe ma langue, l’Algérie ma patrie ». C’est clair, c’est net. On savait que l’on ne pouvait pas ébranler Ben-Badis directement. On choisit de le tourner par le biais de son père Si Mustapha. Contrairement à ce que dit Zorkali dans Al A’lam, ni le père, ni le frère de Ben-Badis n’ont coupé avec lui. C’est grâce à l’apport financier de sa famille que Ben-Badis pouvait donner le pain à ses étudiants. Zorkali a été mal renseigné. Si Mustapha avait fait des emprunts à la banque d’Algérie et malheureusement il y eut deux mauvaises récoltes de suite.

Millot, directeur des Affaires indigènes, un protégé de Massignon, convoqua le père, le fils Ben-Badis et quatre personnalités arabes. Il mit devant eux le Cheikh Abdelhamid en demeure de démissionner de la présidence de l’Association des Ulamas, sinon il lui prouva, pièces on mains, qu’il pouvait ruiner son père. Four toute réponse, Cheikh Ben-Badis répéta la parole de notre Prophète Muhammad (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) aux Qoréïchites : « si tu mets la lune dans ma main gauche et le soleil dans ma main droite...». Le Khalifa Djelloul Ben Lakhdar, qui était l’un des quatre à assister à cette réunion, a été bouleversé par cette réponse. En sortant, il dit à ses trois compagnons : « prenez garde a cet homme, c’est un wali Allah ; quiconque touchera a un de ses cheveux ou dira du mal de lui, qu’il se prépare à l’enfer ».

On visa alors Cheikh El Ogbi, qui était le plus célèbre des Ulamas après Ben-Badis, d’autant que son activité était à Alger. On pouvait voir des anciens truands avoir les larmes aux yeux pendant le prêche de Cheikh El Ogbi. En 1035, le front populaire arrive au pouvoir on France. Dans son programme, il se faisait fort d’appliquer une nouvelle politique en Algérie et de répondre à bon nombre de revendications, entre autres, la restitution des biens Habous à un organisme musulman. Ces biens, qui représentaient des centaines de milliers d’hectares, étaient détenus sans titres par la grosse colonisation. Le temps ayant fait son œuvre, peu de personnes pouvaient en donner la liste. Mais il était notoire que l’Imam Bendali, surnommé Kahoul, les connaissait bien, Le scénario fut simple : supprimer Bendali et rejeter le crime sur El-Ogbi

C’est ainsi que Bendali a été assassiné et El-Ogbi accusé d’être l’instigateur sur les aveux d’un pauvre bougre, qui, en réalité n’avait pas assassiné Bandali ; car le véritable assassin était un Espagnol sorti de prison pour la cause. Massignon contacta El-Ogbi an prison, et lui promit de le sauver, à condition que plus tard il se retire de l’Association des Ulamas. El-Ogbi, complètement désarçonné accepta le marché. Il fut acquitté. Il se retira de l’Association petit à petit, et jamais il ne prononça un mot contre ses anciens compagnons. El-Ogbi a plié sous le fardeau, il le déposa. Le soi-disant assassin de Bendali expira quelque temps après an prison. Tout ce scénario a été monté par Massignon. Depuis cette affaire, dans ses écrits, le Cheikh Ben-Badis ne le nommait plus que « l’ennemi astucieux ».

En 1939, il n’y avait que deux puissances qui se croyaient assez fortes à elles deux pour diriger le monde, la France et l’Angleterre. Pour le monde arabe, la Palestine posait déjà un problème. Au cours d’une Conférence directives prononcée devant les responsables de la politique musulmane française, juste avant la guerre, Massignon leur fait remarquer : « l’importance des Lieux Saints de la Palestine, où on le voit, la revendication musulmane s’affronter avec les droits d’Israel et la volonté chrétienne ». Devant un pareil aérophage, un responsable comme Massignon calcule ses mots. Pour les Musulmans, il s’agit de revendications, que l’on peut accorder ou pas. Pour Israel, ce n’est pas le droit mais les droits. Quant à la volonté chrétienne, en l’occurrence, la France et l’Angleterre, s’est leur volonté qui décidera. Mais d’avance, il annonce, la couleur, pour ce qui est des Musulmans, il ne s’agit que de revendications, pour Israel, des droits. Si avec cela, on ne comprend pas. Puis ce fut la guerre, la débâcle française, Massignon parcourra le monde musulman, dans l’espoir de faire quelque chose. Echec total. Le monde avait les yeux sur l’Allemagne, la Russie et l’Amérique.

A la fin de la guerre, il reprend du service, mais le temps où il suffisait à la France d’appuyer sur un bouton pour élever ou abaisser n’est plus. En avril 1952 le Cheikh Bachir El Ibrahimi, président de l’Association des Ulamas après la mort de Ben Badis, lui consacre deux articles dans le journal de l’Association El Bassaïr, articles comme il était le seul à savoir on écrire.

Toute sa vie, après 1920, Massignon était irrité de s’entendre surnommer le « petit Lawrence », ou le « Lawrence français ». Il aurait voulu crier, hurler : « j’ai risqué plus que Lawrence ». Mais la continuité de son travail lui interdisait de le faire. Il était viscéralement jaloux de la publicité dont bénéficiait son compère anglais. De plus, Lawrence, lors de leurs rencontres, devait lui montrer un peu de mépris, comme le font les Anglais lorsqu’ils sont on position de force face aux français. Mais Massignon tenait à ce que l’on sache que lui aussi a couru des risques, qu’il s’est mêlé à des milieux interlopes, qu’il a roulé les Arabes, qu’il a vécu une aventure. Il laissera à son élève, Vincent Monteil, un ouvrage à publier à sa mort. L’ouvrage l’a été sous le titre « Parole donnée ». Nous connaissons la vie de Massignon avant la publication de cet ouvrage, mais il nous manquait des preuves écrites sur ses agissements. Massignon vient de nous les donner sous forme d’aveux.

Commentaire alfutuhat.com : [1] Editions Enal 1990.

Source : http://alfutuhat.com/histoire/Divers/Miscs03.html

- Les agressions

Depuis sa naissance, l’Islam subit la même croisade. Selon les circonstances, c’est tel ou tel de ses ennemis qui en prend la tête et selon les circonstances c’est sous telle ou telle forme qu’elle est menée. Mais celui qui la mène est sûr d’être soutenu par les autres, en dépit des divergences qui peuvent exister entre eux. On a l’impression qu’un organisme coordonne l’action de tous les ennemis de l’Islam, pourtant adversaires entre eux dans d’autres domaines. Il n’en est rien et ils n’ont pas intérêt à l’avoir. Mais chaque fois que l’un d’eux attaque l’Islam, sous n’importe quelle forme, ils lui apportent leur concours et ils savent instinctivement ce qu’ils doivent lui donner. Ils l’appuient à charge de revanche, et à condition que cela ne touche pas leurs intérêts supérieurs [1].

Les Musulmans ont un exemple récent, dans l’affaire de le Palestine. Tant qu’Hitler était menaçant et que les Arabes pouvaient, d’un coup de tête, changer la situation au Moyen-Orient, les alliés n’ont pas soutenu à fond le sionisme. Une fois Hitler vaincu, les Arabes ne présentant plus aucun danger potentiel, l’appui à Israel a été total. Ses comparses lui ont offert tout ce dont il rêvait, diplomatiquement, militairement et financièrement. Diplomatiquement, les Américains et les Russes se vantaient chacun d’avoir été les premiers à reconnaître Israel. La presse du monde entier bavait sur les Arabes.

Dans tous les pays non musulmans, l’unanimité était totale. Le même article, sur les Arabes, pouvait être logé dans n’importe quel journal d’Europe ou d’Amérique. Jamais une telle unanimité n’a été réalisée, même pas contre le nazisme. Et pourtant, des dizaines de milliers d’Arabes venaient à mourir pour aider à libérer cette Europe. Des millions de Maghrébins ont souffert de la famine pour ravitailler les troupes suisse en Italie. Le veuve de Roosevelt à dirige un commando de matrones américaines pour bombarder d’œufs le Prince Faycal, chef de la délégation saoudienne à l’ONU. La police a laissé faire. Les armes affluent de partout, de Tchécoslovaquie, de France, des USA, tandis qu’aux Arabes, on vendait à prix d’or, des armes que l’on avait sabotées auparavant. Aux USA, le Congrès votera une loi assimilant les mouvements sionistes aux œuvres d’intérêt public, c’est-à-dire que les dons faits à ces organismes pouvaient être comptabilises comme frais généraux, au même titre que ceux offerts à la Croix Rouge par exemple. En France, le gouvernement prit la décision brusque de déclarer sans valeur les billets de cinq mille francs, officiellement pour diminuer la masse monétaire, mais par un tour de passe-passe, ce fut une aide à Israel. Ainsi, sans s’en douter, même les Arabes, sous domination française à l’époque, ont apporté leur contribution aux sionistes.

Depuis plus de trente-cinq ans, l’affaire palestinienne bloqua le monde musulman en général, et le monde arabe an particulier, cette affaire fait le bonheur de tous les autres. L’émiettement, la division, l’antagonisme, si ce n’est l’hostilité dans le monde musulman est un pain béni pour les non musulmans. En l’affaire palestinienne, les pays antimusulmans ont trouvé une rente, sans avoir à déposer de capitaux. Un vote eux Nations Unies, ou une simple déclaration hostile eux Palestiniens, provoque l’affolement du monde arabe. Cela tournoie, s’agite, se réunit et on finit par envoyer des émissaires, des délégations dans toutes les capitales du monde pour quémander le retrait de cette déclaration. Qui quémande est en état d’infériorité, alors ce sont de discrètes promesses de marché pour les pays industrialisés et des subsides pour les pays pauvres.

Voyons maintenant comment l’ennemi approche les problèmes. Kadmi Cohen, un des maîtres à penser des sionistes, écrivait dans son livre : «L’état d’Israel », paru en 1930 ce qui suit : « il n’est pas indispensable qu’un pacte formel lie le sionisme avec le Vatican. Ce ne sont pas les engagements écrits qui tiennent le plus fort. Une entente tacite basée sur des avantages réciproques suffirait ». Cet accord tacite sera réalisé à New York. En effet, le 16 Septembre 1941, M. Myron Taylor, représentant de M. Roosevelt au Vatican, déclare au Saint Père que son gouvernement envisageait la création, après la guerre d’un état juif libre et indépendant en Palestine. Il lui communique l’accord réalisé entre M. Barruch, chef de la communauté juive américaine, et le Cardinal Speilman, chef de la communauté catholique américaine. Il est à remarquer que cette déclaration a été faite trois mois avant l’entrée des Américains en guerre.

Et comment les nôtres se font piéger ? La dernière trouvaille du clan pro-sioniste a été la menace de transférer les ambassades de Tel-Aviv à Jérusalem. Grand branle-bas de combats, de délégations, proclamations, interventions, démarches pour éviter ce geste qui va porter préjudice eux Palestiniens. Du vent...du vent... du vent.

Nous ne saurons jamais ce que les Arabes ont cédé pour que cette menace ne soit pas mise en exécution.

Réfléchissons un moment à cette question. Si tous les pays ayant des relations diplomatiques avec Israël, transférant leur ambassade à Jérusalem, en quoi cela changerait-il la situation des Palestiniens ?

Maintenant posons une autre question. Si tous les états rompent leurs relations diplomatiques avec Israel en quoi cela changerait-il la situation des Palestiniens ? En rien ! Dans un cas comme dans l’autre on me dira qu’au contraire, cela mettrait légalement, juridiquement et internationalement Jérusalem sous souveraineté israélienne Jérusalem serait alors une ville juive gouvernes par les juifs. Et qu’en est-il actuellement ?

Si les Arabes s’imaginent libérer légalement, juridiquement et internationalement le Palestiniens, ils pourront attendra que fleurisse le sel On me soutiendra qu’une fois les relations rompues avec le monde entier, un embargo sur les armes serait décrété et qu’Israel serait privée d’armes.

En 1967, De Gaule avait décrets un embargo sur les armes à destination d’Israel et jamais ce pays n’a reçu autant d’armas de France. C’est pendant cette période qu’il constitua sa marine en allant prendre livraison des vedettes à Cherbourg. On cria au vol, mais tout le monde était de connivence, Pompidou comme Chaban Delmas. Quant aux armes et à leurs pièces détachées, elles portaient simplement à la déclaration de douane : « banania ». Ceci a fait une plaisanterie chez les dockers français : « banania c’est peut être léger à l’estomac mais lourd sur les épaules ». Eh oui ! Sous De Gaule que beaucoup d’arabes croient comme un ami. Il fut un des pires et des plus hypocrites ennemis des Arabes. En 1963, il croyait utiliser l’Algérie comme tête de pont pour dominer économiquement le monde arabe. Il s’imaginait, qu’après leur indépendance, les Algériens allaient lui servir de chiens de chasse. C’était compter sans l’esprit de l’armée de libération, qu’allait maintenir sa fille l’armée nationale populaire. Pour éclairer les musulmans sur la personne de De Gaule je dirais simplement qu’il a pris, lorsqu’il était au pouvoir, deux premiers ministres. Le premier a été Michel Debré, petit-fils de l’ancien grand Rabin de Paris, le second a été G. Pompidou, le fondé de pouvoir de la Banque Rothschild. Son chantre et intime était Malraux. Je donnerais aussi ces deux anecdotes pour éclairer le personnage Quelques mois avant de mourir, Roosevelt faisait une tournée en mer. Il invite De Gaule à venir le voir en Méditerranée. « Je ne suis pas un roitelet arabe » lui répondit-il, faisant ainsi allusion à Abdelaziz Ibn Séoud qui venait de rencontrer Roosevelt en Mer-Rouge Cela donne l’occasion au journal « La nation algérienne » d’écrire : « Monsieur De Gaule, Ibn Séoud a libéré son pays les armes à la main, et à la tête de ses hommes, non pas derrière un micro à Radio Londres et grâce aux armes anglo-américaines ».

Devant un cercle d’intimes, quelqu’un osa prononcer l’expression : « civilisation arabe ». Il fut interrompu par De Gaule par cas terres : « Comment oses-vous donner aux Arabes une civilisation alors qu’ils n’ont même pas construit une route ». Si De Gaule avait quelques notions d’économie, l’intendance comme il aimait à dire, il aurait vite compris que les Arabes n’avaient que faire des routes, avant l’invention de la traction mécanique, puisqu’ils disposaient de bien mieux le cheval pour le transport des personnes et le chameaux pour celui des marchandises. C’était plus rentable, plus pratique que le char à bœufs ou que la diligence.

Revenons à l’affaire de Palestine. « Juridiquement », « légalement » et « internationalement » ne sont que des mots qui changent de sens selon la situation créées. Le droit qui me donne tort alors que j’ai raison je marche dessus et je l’oblige à me donner raison. Il y a toujours un moyen. Il s’agit de le trouver et de l’utiliser. Nous avons un exemple. L’Algérie était un territoire français. Ceci était connu, juridiquement légalement et internationalement par le monde entier, même par tous les pays musulmans indépendants, puisqu’ils entretenaient tous des Ambassades à Paris. A la constitution de l’OTAN, l’Algérie était inclue juridiquement légalement et internationalement dans le système de cet organisme comme étant trois départements français. Dans le monde entier, les Algériens étaient juridiquement, légalement et internationalement considérés comme citoyens français et non comme sujets. Le 5 Juillet 1962, tous les pays du monde reconnaissent, juridiquement et internationalement, que l’Algérie est un pays indépendant et que ses habitants sont des citoyens Algériens. Que s’est-il passé ? Ce pays a-t-il change de place ? Ses habitants ont-ils changé de formes ou de peaux ? Ce sont les fils de ce pays qui ont obligé le juridiquement, le légalement et le internationalement à changer du tout au tout. Ils ont su prendre le chemin qu’il fallait pour cela et leur seul mot d’ordre a été : « Allahou Akbar ! »

Jamais un autre, quel qu’il soit, ne résoudra les problèmes des musulmans. Quelle était belle la devise du Cheikh Ben Badis, qui paraissait sur la couverture de chaque numéro de sa revue « Ac-Chihab » : « Agissons en comptant sur nous-même et reposons nous sur Allah ».

Cette devise fut celle des Algériens dans leur lutte de libération, elle est celle de nos frères du Sud Liban comme des Afghans. Nous avons vu et nous voyons les résultats. Ah ! Si nos frères Palestiniens en avaient fait de même, il n’y aurait plus de problème Palestinien depuis longtemps. Mais ils ont préféré compter sur Azzam, Farouk et Nouri Said, et se reposer sur l’ONU. Actuellement, l’offensive anti-islamique est tous azimuts, Militaire, Economique, Culturelle.

Militairement, quel est le pays musulman, voulant être maître chez lui, qui n’est pas menacé, directement ou indirectement. Quand c’est indirectement, c’est malheureusement, souvent, par un autre pays musulman. S’il n’y a pas d’attaque, c’est la tension aux frontières, la menace et toujours pour des questions de prestige ou de soi-disant idéologie. On est arrivé même à créer une haine entre peuples frères en attisant le chauvinisme. Cela est très grave, car si les dirigeants, eux, finissent par disparaître, les peuples, eux, resteront, et il serait malheureux que la haine reste en eux. Cet état de choses, pousse les dirigeants à dépenser des sommes faramineuses en armement, sommes qui auraient fait le bonheur de leurs peuples, si elles étaient consacrées à des travaux d’utilité publique, comme les universités les hôpitaux, les routes ou les barrages. Mais ces sommes font le bonheur des arsenaux des ennemis de l’Islam. Une grande partie des armes modernes est créée grâce à l’argent des Musulmans. Cet argent paye largement les bureaux de recherches. Quand Israel reçoit des armes des Occidentaux, il ne reçoit en réalité que sa commission de courtier. Il est la cause principale du surarmement des pays arabes et il se considère an droit d’exiger se part de provocateur.

Economiquement le pillage du monde Musulman dure depuis plus d’un siècle et demi. Tout a été volé, depuis le pétrole jusqu’aux manuscrits. Les bibliothèques nationales de l’Europe, le Louvre et le British Muséum ne sont que d’immenses dépôts d’objets volés. Un journaliste algérien a calculé que pour une tonne de minerai de fer extraite de son sol et exportée, l’Algérie recevait la valeur d’une paire de ciseaux. Pour tout le pétrole extrait de son sol, l’Arabie Saoudite recevait annuellement 600 millions de dollars, l’Irak, la Libye, la Koweït, l’Iran, l’Indonésie recevaient beaucoup moins. Le plomb et le phosphate marocain, le phosphate tunisien subissaient le même sort, et j’en passe. Le canal de Suez est un exemple frappant.

Aujourd’hui le pillage a pris d’autres formes encore : Etudes, industrialisation, grands travaux etc. De jeunes économistes et sociologues musulmans ont souvent traité ce sujet et d’une façon magistrale. Nos jeunes savants seront-ils un jour écoutés ?

On parle beaucoup de l’invasion culturelle et de son impact sur la pensée musulmane. En réalité jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’invasions. C’est de l’intérieur même du monde musulman que le pourrissement s’opère. Pour ce qui est de l’écrit le monde occidental publie pour lui-même non pour nous. Ce que nous lisons en français ou en anglais est loin d’être nocif, au contraire. C’est grâce à la connaissance des langues occidentales que le monde musulman possède une élite. Dans le monde occidental vous avez le choix et vous avez surtout la critique. Il y a un métier de critique. Il y a également des auteurs d’opinion contraire qui publient des ouvrages entiers pour contredire et combattre les idées de leurs adversaires. Par contre, dans le monde arabe, il est rarissime de lire la critique d’un livre qui vient de paraître. Lorsque, par hasard, un journal arabe parle d’un livre, c’est pour en faire l’apologie. Tout le monde il est beau, tout le monde il est bon, alors que sur dix livres paraissant en arabe, huit n’ont aucune valeur. Il est vrai oui l’auteur arabe à la peau chatouilleuse. Il y eut pendant une décade environ, des critiques arabes de classe, les Rafi’i, les Zeyat avec sa « Risalat ».

Pendant longtemps les Arabes se sont imaginé que Sartre et de Beauvoir étaient les représentants de la pensée française. Parce que, pratiquement les seuls à être traduits, alors qu’ils s’agissaient de deux juifs qui ont amusé la public français pendant un certain temps. Ils ne maîtrisent même pas la langue française. Roger Peyrefitte leur a consacré quelques pages de son livre « Dossiers Secrets » où il les tourna en ridicule, mais quel est le lettré arabe qui connait Mauriac, Céline, Teilhard du Chardin ou Claudel ? Il n’y a pas cinquante Arabes qui ont lu « Bagatelle pour un massacre » de Céline. Il y dénonçait, preuves en mains, la mainmise des Juifs sur la France. Profitant de l’après-guerre, ils ont fait retirer même les exemplaires qui se trouvaient dans les bibliothèques. Il a écrit entre autre « Voyage au bout de la nuit » qui est une dénonciation du colonialisme [2]. Albert Memmi qui est un philosophe juif a dit de lui : « Hélas ! C’est un grand écrivain ». Qui a lu Pierre Rossi an arabe ? Personne pour la bonne raison que ce n’est pas le genre d’auteur que nos « éditeurs » publient. Faisant une analyse de son livre « La guerre du pétrole », Bennabi concluait : « Cet ouvrage doit être sur le table de chevet de tout responsable arabe ». Nous savons que Bennabi était loin d’être un flatteur. P. Rossi a écrit un autre ouvrage : « Isis ou l’Histoire vraie des Arabes », un monument ! C’est l’ouvrage qui m’a le plus appris sur l’origine des civilisations et l’histoire des Arabes. Mais silence ! Rossi dérange, bouscule les idées reçues. Je cite Rossi comme exemple. Il est l’auteur que les Arabes ont intérêt à lire plus que tout autre. Eh bien non ! On ne traduit pas Rossi, mais Sartre, de Beauvoir et leurs émules. Voilà pourquoi, certain Ulamas partent en guerre contre ce qui se publie en Occident, s’imaginant que tout est de cet acabit. Il arrive que l’auteur d’un bon ouvrage s’acharne à la publier an arabe. C’est le cas du Dr Bucaille par exemple. Dans ce cas, la traduction est faite d’une manière telle que l’ouvrage n’a plus le sens qu’il avait. Malgré ma mise en garde, le Dr Bucaille a fait confiance. Il a été obligé de faire refaire une nouvelle traduction qui espérons-le sera bonne. Nos ennemis savent que certains ouvrages sont d’une telle célébrité qu’ils finiront par être traduits par d’honnêtes traducteurs et qu’ils seront utiles aux Arabes.

Dans ce cas, on procède à une traduction qui les vide de ce qu’ils contiennent d’utile. C’est le cas par exemple de « La civilisation des Arabes » de ( Gustave Le Bon qui est un monument dans son texte français. Adel Zaitar a réussi à en faire une simple nomenclature, car il ne fallait pas que les Arabes aient cette notion de leur passé. Un autre ouvrage subira le même sort. Il s’agit du « Le meilleur des mondes » d’Aldoux Huxley. Cet ouvrage a valu à son auteur le prix Nobel en 1930, quand ce prix voulait dire quelque chose, avant qu’il ne soit attribué à un criminel comme Begin. Ce livre, d’une puissance extraordinaire, est une dénonciation de la civilisation occidentale et du chemin qu’elle prend. Trente ans après Huxley publia un ouvrage ou il énuméra ce qu’il a prédit et qui s’est réalisé. Il prévoit en 1930, que cette civilisation finira par reproduire l’homme dans les éprouvettes, qu’il sera conditionné et programmé avant sa naissance, que tout ce qui est du spirituel disparaîtra. L’homme n’existera que pour produire, consommer et jouir, il ignorera toutes les valeurs morales. L’histoire d’un peau rouge né et ayant grandi dans une tribu isolée et jeté brusquement dans cette société, servira de trame à Huxley pour développer sa pensée. Il ne fallait pas que les Arabes lisent ce livre, car ils réfléchiraient sur la civilisation occidentale et perdraient leurs complexes. Monsieur Taha Hussein se chargea de traduire ce livre. C’est un nom qui fait confiance puisqu’il est « douctour » de la Sorbonne, Il réussira, ou on a réussi pour lui, à ne retenir que la trame, c’est à dira, l’histoire du peau rouge désorienté et il éliminera toute la philosophie que contenait l’ouvrage, c’est à dira l’essentiel, Si bien que d’un ouvrage d’une haute portée philosophique, il fit un roman d’anticipation, plutôt comique. J’ai fait un test. J’ai prêté cette traduction à Si Ahmad Sahnoun, le meilleur analyseur de livres que nous ayons. En me le rendant, il me dit : « Tu m’as fait perdre mon temps, page après page j’attendais quelque chose de sérieux et rien n’est venu. Une historiette quelconque ». Voilà ce qu’a tiré un lettré arabe perspicace de la traduction de Monsieur Tata Hussein. Il est curieux de constater que ces trois ouvrages ont été publiés par le même éditeur.

Comme on le voit ce n’est pas ce qui se publie an Occident qui est dangereux pour nous. C’est le choix qui est fait par nos « éditeurs et nos traducteurs ». Tout le monde sait que ce choix est fait par les services culturels des Ambassadeurs à Beyrouth. La traduction est offerte et les frais d’impression sont payés sous forme d’achat d’exemplaires. Les droits d’auteur sont eux aussi payés par les ambassades, Les éditeurs ne sont que des prêtes noms. Tous ceux qui s’intéressent au livre savent que tel éditeur travaille pour tel pays et tel éditeur pour tel autre. Le plus malheureux, c’est que les quelques éditeurs honnêtes sont considérés par leurs collègues véreux comme des imbéciles. Je ne veux pas dire qu’il faut laisser la littérature d’Occident inonder le monde arabe, mais il nous faut être très prudent. Les problèmes de culture sont très délicats et il y a des gens capables de considérer un manuel de gynécologie comme un livre de pornographie.

Le problème de la production écrite en arabe est malheureusement plus grave que tout cela. La fond du problème est le niveau de ce qui s’écrit an arabe. La moindre petit livre occidental se révèle mieux fait que n’importe quel livre écrit an arabe. Il n’est pas de langue qui ne voit une partie de sa production traduite an quatre ou cinq langues. Certains livres sont traduits en trente langues. Seule la production arabe n’est absolument pas traduite. Il ne faut pas croire à un parti pris. Les œuvres des anciens Arabes, qui eux savaient écrire, sont traduites dans toutes les langues. Les mille et une nuits est une œuvre connue dans la monde entier. En français seulement, elle a été publiée en une vingtaine d’éditions, depuis l’ouvrage d’art jusqu’à l’édition populaire. La muqqadima d’Ibn Khal­doun est encore une source de profit pour de nouveaux traducteurs et il n’y a pas un sociologue ou un historien dans le monde qui ne la connaît pas. Si l’on ne traduit pas la production arabe moderne, reconnaissons-le, c’est qu’il n’y a rien qui vaille la peine de l’être. Etre écrivain est un métier, c’est une profession. Le monde arabe fait de l’amateurisme. Il est vrai qu’avec un public régi par vingt réglementations différentes, avec des « éditeurs « illettrés et sans scrupules, ce n’est pas un métier qui nourrirait son homme.

Mais il y a plus grave et plus important que l’écrit. Il y a ce qui est, et ce qui va être transmis par les ondes. Les émissions arabes des radios étrangères ont déjà conquis le plus gros public. Leurs voix pénètrent dans tous les foyers de Rabat à Bagdad. Là il ne s’agit plus, comme pour le livre, de quelques milliers d’Arabes, mais de dizaines de millions qui subissent l’impact. Mais ce dont le monde arabe n’a aucune conscience, c’est ce qui se prépare par la télévision. Dans très peu de temps la télévision européenne émettant par satellite va inonder tout le Maghreb et bientôt ce sera tout le monde arabe. Rien n’empêchera les Français de créer un programme spécial pour « les musulmans résident en France ». Ils savent qu’ils disposeront là d’un outil exceptionnel pour pénétrer dans les foyers du monde arabe et orienter leurs esprits. Leur « Psychologie service » comme disait le regretté Khaldi est toujours présent. La télévision n’accapare pas l’ouïe seulement, mais la vue. Que les musulmans méditent le Coran. Allah nous prévient que le pire c’est de n’avoir plus de cœur, de vue, d’ouïe. Le cœur c’est le livre, l’ouïe et la vue c’est la télévision. Celui qui les branche sur l’ennemi les a perdus.

Y-a-t-il une parade à cela ? Oui, mais il n’y en a pas deux. La parade c’est de faire, pour nous, mieux qu’eux. Produire en commun des programmes sur lesquels tous les pays arabes seraient d’accord. Je ne veux pas dire se passer mutuellement des programmes. Non. Se passer des programmes c’est se prêter de la médiocrité. Il faut produire en commun. Les Européens le font sur une grande échelle. Ce système permet d’obtenir des œuvres de qualité. Nous ne manquons, ni de techniciens, ni de spécialistes, ni d’artistes pour réussir. C’est à eux qu’il faudrait demander ce qu’il faut faire. Personnellement je leur fais confiance.

- La langue arabe

Que n’a-t-on pas écrit et que n’a-t-on dit sur la langue arabe et son écriture ! Pour certains c’est une langue qu’il faut rénover de fond en comble. Pour d’autres, cette langue n’a plus qu’à rejoindre le grec et le latin. Rares ont été ses défenseurs. Mais ceux qui disaient « laissons tomber l’arabe classique », comme ils disent, et utilisons l’arabe parlé ont été nombreux. Ceux qui combattent la langue arabe, ne visent pas en réalité cette langue, leur cible est l’Islam. La charpente du Coran est l’Arabe. Ils comptent qu’une fois la charpente détruite, ce qu’elle porte s’écroulera.

Avant tout : qu’est-ce qu’une langue ? C’est un outil, un instrument. L’outil ou l’instrument valent ce que valent ceux qui s’en servent. Une perceuse électrique entre les mains d’un maladroit vous fera des trous obliques quand vous avez besoin de trous droits. Une perceuse manuelle, entre les mains d’un artisan adroit vous fera des trous dans l’angle que vous désirez.

Un violon stradivarius entre les mains d’un ignare vous écorchera les oreilles. Un violon de quatre sous entre les mains d’un virtuose vous charmera. Tout se tient. L’outil et l’artisan forment un tout.

La langue arabe est un stradivarius, qui, dans les temps modernes, se trouve rarement entre les mains d’un virtuose. Il n’y a pas trente-six langues arabes. Il n’y a qu’une seule. C’est la langue de Antar. Ce que l’on appelle l’arabe parlé n’est que de l’arabe dégénéré. Ce qui manque en quantité, ce sont les artistes capables d’utiliser cette langue. Le stradivarius est là, mais c’est la plupart du temps un joueur de gonbori qui s’en sert, et souvent l’accuse de produire de mauvais sons.

Lorsqu’Ibn Sina écrivait ses œuvres de médecines, il n’a pas créé une nouvelle langue. Il a utilisé celle de Antar. Quand Al Farabi composait ses ouvrages de musique lui, non plus, n’a pas utilisé une nouvelle langue. Il s’est servi de celle de Antar. Mais tous les deux ont enrichi cette langue, parce qu’ils la maîtrisaient.

Quand un savant, dans n’importe quelle discipline maîtrise sa langue, il crée et impose les termes dont il a besoin, tout en respectant le génie même de sa langue. Si le terme existe dans une autre langue, ou bien il est utilisé tel et plié à la construction de la langue où il est introduit, où bien, s’il est possible d’en donner le sens par une traduction, il est traduit.

Depuis plus d’un siècle, nous assistons dans le monde arabe, à un système de traduction qui n’a pas de sens. Des termes comme «pasteuriser », facilement arabisables en « bastara », sont traduits, on ne sait pourquoi en « aqqama », alors que pasteuriser est utilisé tel que dans toutes les langues du monde. On arabise ce qui n’en a pas besoin, mais on traduit du mot-à-mot ce qui doit être absolument rendu par une expression arabe, comme par exemple « tour d’horizon », qu’on nous sert sous : «Jawlatu ufuq », il y a des centaines de cas dans ce genre. Ce mimétisme a commencé vers la fin du 19e siècle, lorsque l’Oriental pris contact avec l’Occident, ou croyait avoir pris contact. En réalité il n’a connu que ce que l’on voulait lui faire voir. Il admirait les chemins de fer, mais n’avait aucune idée de la vie de misère et d’esclavage des mineurs qui se chargeaient de lui fournir le charbon. C’est à cette période que commence le complexe d’infériorité chez les Orientaux, les Magrébins, eux, connaissaient mieux l’Occident. Des écrivains iront jusqu’à dire que « le français est la langue des anges », et de se pâmer devant leurs expressions. M. Taha Hussein ira jusqu’à ignorer les expressions courantes arabes, pour les remplacer par des expressions françaises traduites. « Khatabaha » devient chez lui: « Talaba yadaha min abiha », qui n’est que la traduction mot-à-mot de : « Demanda sa main à son père ». Il y a des centaines de cas de ce genre. Si cela dure, il nous faudra consulter le Larousse pour comprendre l’arabe.

Les Chrétiens qui au 19e siècle ont introduit des nouveaux termes, nous ont créé des situations ridicules. Ceci a été fait à dessein quand on connaît ceux qui ont procédé à ce travail. Ils ont traduit par exemple: « Colonialisme» par « Isti’mar», si bien que nous nous trouvons à dire : « Al isti’mar ala ghachim», ce qui est un non-sens. Il aurait été plus logique de dire: « Al cawlana» et « Al moukawline».

La langue arabe n’a pas à rougir d’avoir à arabiser de nouveaux termes étrangers. Le Coran lui-même contient des termes persans utilisés tel que, ou arabisés (note du correcteur, ici il y a une erreur, en effet le Qur’an ne contient que des mots arabes et d’origine arabe comme le stipule Allah Lui-même en parlant de la descente du Livre en « une langue arabe claire ». L’Imam Tabari l’affirma aussi dans son Tafsir). Il ne faut pas essayer de trouver des termes d’électronique dans une mu’allaqa, mais de les créer à partir du terme d’origine en respectant la structure de la langue arabe qui a pour base « fa’ala».

Dans une récente étude parue dans une revue scientifique de vulgarisation, il a été remarqué que c’est l’arabe qui constitue le plus grand fond de la langue française, le quart environ, et non le latin comme on le croit. Beaucoup de termes empruntés au latin se sont avérés des termes arabes que le bas latin avait emprunté à cette langue. Ceci est à l’honneur de l’arabe, mais aussi à l’honneur du français. Le chauvinisme est un ennemi de la culture.

Que l’on n’attende pas les Machaïkh créé un vocabulaire scientifique. Ce n’est ni de leur domaine, ni de leur responsabilité. Eux maîtrisent et souvent d’une manière parfaite ce qui est de leur domaine, c’est-à-dire le vocabulaire religieux et littéraire. C’est aux scientifiques d’arriver à utiliser l’arabe, dans les domaines qui les concernent, d’une façon aussi parfaite que le font les machaikh dans leur domaine. A chacun sa responsabilité. Nous ne sommes plus aux temps ou une personne pouvait se targuer de tout connaître sur une langue. Il nous faut, aussi, comprendre qu’on ne rattrape pas trois siècles en vingt ans.

Le problème numéro un est d’avoir dans les nouvelles générations des hommes et des femmes et tous les hommes et toutes les femmes, connaissant bien leur langue. Si l’anglais prime actuellement, c’est parce que la moitié des Américains adultes est passée par l’université. Leur enfant, dès sa naissance, se trouve dans un milieu favorable à son épanouissement. Arrivé à l’école, il n’aura aucune peine à suivre les cours. Ce n’est pas le cas de l’enfant arabe. A part quelques exceptions, le foyer ne l’aide pas du tout. Mais d’ici une génération, ceci changera beaucoup, et ce qui est l’exception, deviendra la règle. Tous les pays arabes font des efforts méritoires pour développer l’enseignement. Le cloisonnement qui existe entre les pays finira par disparaître. Grâce aux nouveaux moyens de communication, un brassage se fera et le complexe d’infériorité disparaîtra. De nouveau la langue arabe sera une langue de civilisation. Sa puissance, sa simplicité, eh oui, elle est simple pour ceux qui la connaissent, sa beauté et l’Islam lui rendront sa place. On cherche par tous les moyens à décourager ceux qui s’attèlent à la tâche.

« La langue arabe n’est pas simple », nous dit-on. Peut-on dans une autre langue écrire aussi simplement que Ja.hiz ? » Les anciens ouvrages arabes sont très difficiles à comprendre », se plaint-on. Est-il facile de comprendre Nietzsche ? Toutes les langues du monde ont des ouvrages que ne peuvent comprendre que ceux qui sont versés dans la matière qu’ils traitent. « Elle ne permet pas d’être succinct » dit-on encore. Si on se met à l’école de Taha Hussein cela est vrai, mais dans quelle langue y-a-t-il un ouvrage aussi succinct que le Moukhtaçar de Khalil ? « Sa grammaire est très difficile » prétendent d’autres. Y a-t-il au monde une grammaire exposée dans sa totalité dans mille vers, comme Alfiat Ibnu Malek ? Foin d’hypocrisie ! Ce que l’on cherche c’est couper le monde arabe de son immense héritage culturel. C’est le lui faire perdre et l’éloigner de la langue du Coran. Voilà le but, il n’y en a pas d’autres. Ce qui les rend fous, c’est de voir, par exemple, qu’il y a soixante-quinze ans, il n’y avait pas dans le monde arabe mille lecteurs capables de comprendre un auteur comme Ibn Khaldoun ou comme Alfakr Arrazi, et qu’aujourd’hui, ils sont cinq cent mille et demain ils seront cinquante millions,

Chaque génération qui monte est plus fière de sa religion que la précédente. La langue arabe finira par sortir de la tempête et par prendre sa place. Il n’en sera pas de même pour d’autres langues. Avec le temps, des langues disparaissent, car elles ne répondent plus au besoin de l’homme.

On peut utiliser une autre langue que la sienne comme outil ou comme arme de combat, mats jamais pour bien exprimer ce que l’on a dans les tripes.

Ce ne sera pas le cas de ceux qui adopteront la langue arabe. C’est la seule langue universelle et elle appartient à toute l’humanité. Le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) avait prévu cela. On lui demanda un jour : « qui est arabe ? » « Celui qui veut bien l’être », répondit-il. Voyons comment est devenu arabe qui a bien voulu l’être. Dans la langue arabe, c’est la poésie qui tient la place la plus importante ; parmi les géants de la poésie arabe, le nombre d’Arabes d’adoption est impressionnant. « Antar Banu Chaddad, le plus mâle des poètes était nègre. Abu Nuwas, le plus malicieux était persan. Ibn Roumi, l’un des plus profonds était grec d’Anatolie. Abdallah Ibnu Khemmis, dont nous avons perdu malheureusement le gros de l’œuvre, était considéré par ses contemporains comme le Maître de son temps.

Il était berbère. Chawki s’est élevé à un niveau qu’aucun poète arabe n’a atteint, il s’est élevé à l’enfant, comme seul Victor Hugo l’avait fait en français. C’était un aristocrate turc qui avait des accents d’un bédouin fris de bédouin. Le maître de la lexicographie arabe est Sibaweh, il était persan. Quelle est la langue qui peut présenter pareil palmarès ? Mais comme dans tout, pour pouvoir en être, il faut vouloir en être. C’est pour cela que malgré des études poussées, les Orientalistes n’arrivent jamais à écrire en arabe. Toutes les langues sont des marâtres pour ceux qui ne sont pas leurs fils, seule la langue arabe est une mère pour qui voudrait être son fils. Elle le prouve depuis quatorze siècles.

 

 

 

Que de livres, que d’articles de presse, que de conférences sur l’écriture arabe et ses défauts. Chacun, après avoir prétendu que cette écriture bloque l’épanouissement de la pensée musulmane en général et l’arabe en particulier, apporte des suggestions pour remplacer cette écriture.

Certains proposent l’utilisation de caractères nouveaux ayant une vague ressemblance avec les caractères arabes. Ils se sont, en général, inspirés de l’hébreu. D’autres proposent carrément d’utiliser le caractère latin en lieu et place du caractère arabe. L’université française ne reconnaît pas une thèse écrite en caractère arabe. Le candidat à l’agrégation d’arabe doit présenter sa thèse en caractère latin. Ils appellent cela en « phonétique ».. Un texte en arabe peut accompagner le texte en caractère latin, mais seul ce dernier compte. J’ai vu des Diwan entiers et des Rihla présentés de cette manière. Je ne sais si l’université française agit de même pour l’hébreu. Cela m’étonnerait. Qui a imposé cela? Ce sont messieurs les orientalistes. Certains parce qu’ils ne savent pas lire l’arabe, d’autres par calcul. Tout d’abord qu’est l’écriture? « C’est la représentation de la parole ou de la pensée par des signes» nous dit Robert. Mais pour l’écriture arabe, ce n’est pas cela seulement L’éthique et l’esthétique sont une partie intégrante de l’écriture avec le pratique. L’écriture est une partie intégrante de la culture islamique. Les autres écritures sont des fleurs sans parfum. L’écriture arabe est une rose odorante. Elle agit sur le cerveau et sur le sens. En cuisine les arabes disent : « l’œil, lui aussi mange ». Il y a le met et la présentation.

Il y a un autre avantage du caractère arabe sur le latin. Manuscrite ou imprimée la langue arabe s’écrit de la même manière. Il n’en va pas de même pour le latin. A la main c’est un alphabet et imprimé c’en est un autre. Si bien qu’il faut en principe connaître deux alphabets différents.

On reproche à l’écriture arabe d’être trilinéaire. Elle occupe trois fois plus de place en verticale que le latin. Le lam final, par exemple, occupe le haut, le centre et le bas de la ligne. C’est vrai. Mais personne ne fait remarquer qu’elle occupe moins de la moitié du latin lorsqu’il s’agit de l’horizontale. Pour écrire Muhammad par exemple, le latin utilise neuf lettre et l’arabe quatre seulement.

Mais si l’on cherche la simplicité, pourquoi ne pas la chercher pour le caractère latin aussi. Par exemple l’alphabet Braille pour aveugles est plus simple que le latin. Le A s’écrit ainsi, le B: le C, si on cherche le simple et pratique, il n’y a pas mieux.

Quel est l’Occidental qui n’a pas applaudi lorsque le gouvernement turc adopta le caractère latin à la place du caractère arabe pour obéir aux ordres de la maçonnerie ? Tous les soi-disant amis du monde musulman lui ont conseillé d’en faire autant, affirmant que cela va permettre à la Turquie de rattraper son retard. Qu’en est-il après soixante ans d’application ? Le pays qui en 1924 avait la meilleure économie, qui avait une avance culturelle et qui avait le plus de prestige dans le monde musulman, où en est-il ? Culturellement et économiquement, il est dépassé par nombre de pays musulmans qui ont gardé le caractère arabe. Quant au prestige, lorsque la Turquie faisait partie de la nation islamique ses fils assiégeaient Vienne, aujourd’hui, ils en balayent les rues. Mais il n’est pas dit qu’ils ne reviendront pas au caractère arabe, car malgré toutes les pressions, le peuple turc est profondément musulman. Un jour, les yeux s’ouvriront et il rejoindra ses frères par la grande porte.

Un autre reproche que l’on faisait à l’écriture arabe, c’est la difficulté de la composer pour l’impression. Ces messieurs avaient « pitié » du typographe qui était obligé de disposer de neuf cents casses pour faire son travail. Cela était vrai, mais plus maintenant avec la composition photomécanique ; la composition se fait de nos jours, sur un simple clavier de machine à écrire. Les caractères mobiles, que l’on utilisait avant, étaient plus beaux que ceux de la composition photomécanique. Cela tient à ce que les premiers ont été dessinés par des Arabes et les nouveaux par des Occidentaux. Un calligraphe pourrait rendre beaucoup de services en rendant à l’arabe l’élégance qu’il avait lorsqu’il était mobile.

Lorsque ces messieurs écrivaient des livres et des articles pour montrer les difficultés qu’il y avait pour composer avec neuf cents casses, ils savaient que la photocomposition allait entrer sur le marché. Lorsqu’ils nous parlent de l’espace que prend l’écriture arabe, ils savent que la lecture de livres sur écran de télévision est pour bientôt. Une fois l’écran plat définitivement au point, on pourra loger cent mille pages dans une cassette. L’écriture arabe a encore un autre atout. C’est la merveilleuse écriture Raq’a. Cette écriture, inventée avant la sténo peut être considérée comme une sténographie qui ne nécessite aucune étude. Elle a l’avantage de pouvoir être écrite et lue par tout le monde.

Lorsque l’écriture arabe était attaquée, seul Nasreddine Dinet prenait sa défense. En sa qualité d’artiste peintre et de bilingue, c’est une autorité. Il disait ceci: « seule l’écriture arabe suit le mouvement naturel de la main, qui est d’aller de droite à gauche. L’écriture latine est bonne pour un gaucher. L’écriture arabe ignore les contorsions de l’écriture latine qui va à contre sens du mouvement naturel de la main. En écrivant en arabe on ne risque jamais d’avoir la crampe des écrivains, comme cela est courant lorsqu’on écrit en caractère latin ».

Mais lorsque l’écriture arabe veut être une grande dame, elle laisse loin derrière elle tout ce qui s’écrit dans le monde. Sur la pierre ou sur le marbre, sur le bois ou sur le cuivre, sur le papier ou sur une peau, elle sait être dentelle, fleur, feuille ou animal. Elle sait être ronde, carrée ou triangulaire. Elle Ignore la lourdeur du gothique et la sécheresse du latin. Elle est fluide, elle est libre, elle court avec élégance, sœur qu’elle est du cheval arabe, de la gazelle et du sloughi. Elle leur a emprunté leur finesse et leur beauté. Peut-on faire un tableau de maître en utilisant uniquement l’écriture ? Oui ! Mais seulement avec l’écriture arabe.

Et pour terminer, il n’est pas mauvais de rappeler, à tous ces messieurs, qu’après tout, le premier alphabet de l’humanité et bien l’alphabet arabe. Tous les alphabets du monde, dérivent de l’alphabet arabe. Le mot même de l’alphabet est notre a.lif, ba, ta.

- L’Islam et le Verbe

Tous les auteurs occidentaux qui ont écrit sur l’Islam, ont tenté de faire croire que l’Islam s’est propagé par le sabre. L’Islam n’a pas été imposé, il s’est propagé chez les hommes qui étaient libres de choisir. Si les victoires militaires ont été foudroyantes, cela tient à la motivation du soldat musulman. Toute la force étant aux mains d’Allah, Il fait baisser le nez à l’orgueilleux. Nous avons un exemple récent de la supériorité de la motivation sur la force. L’armée française disposait de canons, de chars, d’avions, de navires de guerre, d’une puissance industrielle, de capitaux, d’écoles de guerre. Elle fit face à une armée dont les membres étaient motivés et qui ne disposaient ni de chars, ni de canons, ni d’avions, ni de navires, ni d’industrie, ni de capitaux, ni d’écoles. L’armée française disposait en Algérie de vingt fois plus de soldats que l’Armée de Libération Nationale. Laquelle des deux armées a atteint son but ? C’est bien l’Armée de Libération Algérienne, puisque l’Armée française a été boutée hors du territoire.

Prenons l’Islam à ses débuts. La première bataille livrée par les croyants était à Badr. De quoi s’agissait-il ? Les croyants voulaient s’emparer d’une caravane de Qoreich pour se dédommager des biens que ces derniers leurs avaient confisqués à la Mekke. Ce qui n’était que justice. Mais Allah a voulu qu’au lieu de la caravane, ils rencontrent l’armée de Qoreich. Ce fut la première bataille pour les musulmans. La deuxième est connue sous le nom de « Ouhoud ». Là, ce sont les Quoreich qui se sont déplacés de la Mekke pour combattre les musulmans près de Médine. Les musulmans étaient agressés chez eux et n’ont fait que repousser une agression. La troisième bataille, connu sous le nom de «Bataille du fossé », n’était ni plus, ni moins, qu’un siège de Médine par Qoreich. Et il ne faut pas oublier, qu’à chaque fois les Qoreich avaient fait un déplacement de plus de quatre cents kilomètres. Ce n’est pas parce que les musulmans sortirent à chaque fois victorieux, qu’il faut les présenter comme agressant « les pauvres Qoreich », commerçants plutôt que guerriers. Plus tard, l’occupation de la Mekke par les musulmans s’effectua sans qu’il y ait combat. Le fruit mûr et la quasi-totalité de la population aspirait à l’Islam.

En Syrie, l’armée musulmane n’eut pas à combattre une armée syrienne à ce que je sache. Elle a vaincu une armée colonialiste ; l’armée de Byzance. Une fois cette armée détruite, il n’y eut aucune opposition de la part des autochtones. L’Islam ne fut imposé à personne. Ceux qui voulurent rester chrétiens, le sont restés et ils le sont jusqu’à ce jour. Pour ce qui est de l’armée persane, elle aussi battu par les musulmans, il ne faut pas oublier qu’elle maintenait au pouvoir un tyran qui imposait ses croyances à son peuple. Une armée persane au service d’un tyran est chose courante. Lorsque cette armée de Kisra fut vaincue, les Persans étaient libres de choisir. La grande masse a choisi l’Islam, mais ceux qui voulurent rester Mazdéens, le restèrent et le sont encore jusqu’à ce jour. En Egypte, l’armée musulmane eut affaire à une armée colonialiste, l’armée byzantine. Une fois cette armée vaincue, les Egyptiens ont été libres de choisir leur religion. Certains sont restés Coptes et ils le sont jusqu’à maintenant. On tente même d’accréditer l’idée que les coptes sont les seuls authentiques Egyptiens, ce qui insinue que les Egyptiens n’ont pas embrassé l’Islam et que tous les musulmans d’Egypte ne sont venus qu’après. Ce qui est faux. L’authentique Egyptien est le fellah et ce sont ses fils qui ont peuplé les villes.

Au Maghreb, c’est à l’armée colonialiste, héritière de Rome, que les musulmans se sont attaqués. Une fois cette armée détruite, dans l’actuelle Tunisie, les musulmans ne trouvèrent aucune opposition. Koceila n’était qu’un agent de Byzance. Il était payé par Byzance et le gros de ses troupes était byzantin. Un chef de harka en somme.

En Espagne, ce n’est pas contre une armée espagnole que les musulmans se sont battus, mais contre une armée germanique, (Wisigoths) qui terrorisait la population et c’est à la demande de cette population que Tariq traversa le détroit. Après avoir détruit les Wisigoths, il s’est littéralement promené en Espagne. C’est qu’il avait le soutien de la population. Là aussi, les gens furent libres de choisir leur religion. Beaucoup restèrent chrétiens ou juifs.

Comme on le voit, que ce soit en Syrie, en Perse, en Egypte, au Maghreb, en Espagne, l’armée musulmane était considérée par les populations comme une armée libératrice.

Nous avons un exemple récent. Le fascisme se maintenait en Italie grâce à l’armée et à la police fasciste. Une fois que les démocrates alliées eurent détruit la puissance militaire du fascisme, ils laissèrent les Italiens libres de choisir leur régime. Ils ont choisi la démocratie. Allons-nous dire que les Alliées ont imposé la démocratie aux Italiens?

L’Islam a été plus large que les démocraties. Eux ont interdit le fascisme. L’Islam n’a pas interdit les anciennes croyances. (1)

L’Afghanistan, l’Inde, la Chine, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, l’Afrique noire, n’ont pas vu une armée musulmane. Il y a mieux. Les Mongols font de la Chine une bouchée, ils s’emparent de l’Inde en un coup de main, ils mettent dans leur giberne la moitié de l’Europe chrétienne et une moitié du monde musulman. Ils avaient donc connu toutes les religions pratiquées à l’époque. Après deux générations, ils choisiront l’Islam. On ne va pas nous dire que les Mongols se sont islamisés par le sabre. Ils donneront à l’Islam un de leur peuple qui pendant cinq siècles sera le bouclier de cette religion.

Pendant plus de huit siècles, presque tous les juifs du monde vivaient en terre d’Islam, et c’est là où le judaïsme s’est épanoui. Il ne leur a pas été demandé de s’islamiser. Les musulmans n’avaient pas conscience qu’ils réchauffaient en leur sein une vipère.

Ni la Torah, ni l’Evangile n’ont été des Verbes-Miracles. Pour que les humains y croient, Allah a permis aux porteurs de ces deux Messages d’accomplir des miracles physiques, traverser la mer à pied, ressusciter les morts, rendre la vue à des aveugles etc. Allah réservait le Verbe-Miracle au Coran. Le miracle de l’Islam c’est le Qur’an. Tous les miracles accomplis par les Messagers qui ont précédé notre Prophète Muhammad (saluts et bénédictions d’Allah sur lui), avaient une durée limitée et un espace déterminé. Le Coran est le miracle qui n’est limité ni par le temps ni dans l’espace. Donc le seul verbe, c’est le Coran et c’est par le Verbe que l’Islam s’est propagé.

Le Judaïsme, nous le savons, est la religion d’un peuple. Il n’y a jamais eu propagation du Judaïsme, alors que les juifs ont cohabité avec beaucoup de peuples. Déjà à Médine, ils disaient: « Ne leur dévoilons pas (aux arabes) ce que Dieu nous a accordé comme écritures, gardons-le pour nous ».

Il fallut au Prophète d’Allah Jésus, fils de Mariam (‘Issa Ibnou Mariam), faire des miracles pour être cru. Il en faudra aussi aux apôtres. Mais c’est surtout le comportement sublime des premiers Martyrs qui fera propager le Christianisme. Lorsque les « Césars » se firent « Rois chrétiens » ou « empereurs­chrétiens », ils imposèrent leurs conceptions du christianisme, ignorant tout de la charité chrétienne et en se faisant des tyrans. Non seulement ils firent la guerre aux non chrétiens, mais également aux chrétiens qui ne professaient exactement comme le régnant. Les donatistes ont été persécutés, alors que chrétiennement ce sont eux qui avaient raison. Les guerres de religion ont décimé l’Europe et ont fait couler le sang chrétien pendant des siècles.

Les croisades, si elles ont raffiné quelques princes, ont été des hécatombes. Combien de croises sont morts en route ? Et combien dans les guerres contre l’Islam. Certaines croisades se sont évanouies avant d’arriver en terre sainte Elles étaient décimées par la misère, les maladies, ou par des combats avec d’autres chrétiens.

Le christianisme restera strictement européen jusqu’au seizième siècle. Ce n’est qu’avec le colonialisme qu’il s’étendra. Le goupillon suivra le sabre.

Commentaire alfutuhat.com : [1] C’est exactement ce qui se passe aussi aujourd’hui, le 26 Septembre 2012, alors que je relis ce document. [2] Vous pouvez gratuitement télécharger ces livres sur Internet via un moteur de recherche.

Source : http://alfutuhat.com/histoire/Divers/Miscs04.html

Note Ribaat : (1) « L’Islam a été plus large que les démocraties. Eux ont interdit le fascisme. L’Islam n’a pas interdit les anciennes croyances. » :

En vérité l’Islam ne tolère aucune religion telle que le satanisme ou le zoroastrisme, etc…, sauf les doctrines des Gens du Livre uniquement que sont les Juifs et Chrétiens pour la Thora et l’Evangile ; vivant dans l’Etat Islamique ils payent un maigre impôt en échange de leur sécurité par l’armée musulmane.

 

- Les Premiers Musulmans

Il est courant d’entendre dire, chez les Occidentaux que l’Islam a été une révolte des pauvres contre les riches, et que, au début, ce sont les déshérités qui ont soutenu le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui). Cette idée a malheureusement des adeptes parmi des Musulmans, qui sont tout fiers d’avancer des théories matérialistes pour appuyer leur argument. L’Islam n’est pas venu changer un côté social seulement mais surtout changer le côté spirituel de l’humanité. On nous avance le nombre d’esclaves qui les premiers ont embrassé l’Islam, mais on oublie de nous dire, que c’est l’élite morale de Qoreich qui s’est islamisée la première. Les films à épisodes retraçant la vie du Messager (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) et produits dans le monde musulman, sont tout simplement révoltants. Je ne parle pas du côté technique et artistique, mais du côté historique. A aucun moment les metteurs en scène ne font ressortir la grandeur des personnages. Il est vrai que pour apprécier une grandeur d’âme, il faut savoir ce que c’est. Les livres écrits sur le même sujet, assez bon généralement, ne touchent que quelque milliers de lecteurs, mais les films de télévision sont vus par des millions de spectateurs. Le téléspectateur finit par avoir l’impression que seuls des esclaves ou des pauvres ont embrassé l’Islam à ses débuts, et tous sont des pleurnichards. Cette vision est absolument fausse. C’est l’élite des Qoreichs qui a embrassé l’Islam à ses débuts. Quand je dis l’élite, je parle de l’élite morale. Il y eut des esclaves et des pauvres, mais leur proportion ne dépassait pas celle de la société qoreichite. Ce sont les plus respectés de Qoreichs qui les premiers se sont islamisés. En disant les premiers Musulmans, j’entends par là, ceux qui ont embrassé cette religion alors qu’elle était sur la défensive, c’est-à-dire avant la conquête de la Mecque : la période où l’on ne donnait aucun avenir à l’Islam. Ceux qui se sont islamisés à cette époque étaient tous matériellement perdants. Ils avaient perdu leurs foyers, leurs biens et ils risquaient leur vie au service de leur foi. Ils avaient rompu avec les leurs et avaient perdu des situations de premier plan. Plus tard, lorsqu’ils auront à assumer de hautes responsabilités dans l’administration de l’Empire de l’Islam. Ils montreront des qualités hors du commun. Il est vrai qu’ils passeront tous par l’école du plus grand éducateur. À savoir le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui). Mais si notre Prophète Muhammad en a fait des hommes extraordinaires, c’est que la pâte était bonne. Ce qui a poussé ces hommes et ces femmes vers l’Islam, c’était l’amour de la vérité, riches comme pauvres. Bilai vivait, matériellement mieux chez son ex-maître, qu’avec les Musulmans. Si nous devons parler d’un trait commun chez les premiers Musulmans, c’est de leur amour de la vérité.

Jetons un coup d’œil sur la personnalité de quelques-uns des tout premiers Musulmans. Intentionnellement nous éliminons de cette liste ceux qui ont une parenté avec le Messager (saluts et bénédictions d’Allah sur lui).

Nous devons savoir, avant tout que le pouvoir à la Mekke était répartit entre dix familles. L’un des tout premiers Musulmans a été :

Abou-Bakr (qu’Allah l’agrée) :

C’était un commerçant aisé. Il disposait le jour de son islamisation de quarante mille dirhems. Il ne lui en restera plus que cinq mille le jour de l’hégire. Il avait prêté la différence à Allah. Mais ce n’est pas son aisance matérielle qui nous intéresse. Ce qui compte c’est sa position sociale. Il appartient à l’une des dix familles dirigeantes et il en était le chef. Il était le « Maître des quartiers de noblesse ». C’était lui qui décidait de ce que devait être le rang de chaque Qoreichi, en tenant, compte de ses ascendants. A l’époque, ceci était très important, soit pour les préséances, soit pour fixer le montant de la dette de sang en cas de meurtre. En bref, c’était Abou-Bakr qui fixait à chaque Qoreichi sa place dans la société.

Uthman Ibnou ‘Affan (qu’Allah l’agrée) :

L’une des plus grosses fortunes de la Mekke. Deuxième personnalité chez les Banu Oumayya, famille qui se plaçait au premier rang de tous les Qoreichites. Il embrassa l’Islam juste après Abou-Bakr. A partir de ce jour, il mettra sa fortune au service de l’Islam. Son engagement a été total. Il financera de ses deniers la moitié d’une armée. Comme Khalife, il aura la clairvoyance de mettre définitivement le Coran par écrit. C’est le Coran que nous connaissons aujourd’hui.

‘Oumar Ibnou Al Khattab (qu’Allah l’agrée) :

Chef de l’une des dix familles dirigeantes. Il était le responsable des relations extérieures des Qoreichites. C’était lui que l’on déléguait auprès des tribus et c’était lui qui recevait les délégations pour mettre au point les relations de la Mekke avec les bédouins. Son accord engageait tous les Qoreichites. Il doit ceci à la position de sa famille, mais il y avait aussi, ce qu’il devait à sa propre personnalité. Il a été le seul émigré publiquement en tenant aux Qoreichites, à la Ka’ba, ce langage : « Je pars vers Yatribe, que celui qui voudrait voir sa femme devenir veuve ou ses enfants orphelins, n’a qu’à m’attendre à tel col par où je passerai. » Après les Messagers, il a été certainement le plus grand homme qu’ait connu l’humanité. Fondateur d’empire, législateur, administrateur, linguiste, il était la probité, la modestie, le bon sens, faits homme. Il n’est pas un légiste ou un théologien qui ne se réfère à ‘Oumar, pour mettre en application un verset du Coran ou un Hadith. Il a laissé une abondante correspondance et ses discours sont des merveilles de lucidité et de clairvoyance. Malheureusement, personne ne s’est penché sérieusement sur le personnage. Massignon a demandé à Taha Hussein, ce valet des Français, de salir sa mémoire et celle d’Abou Bakr. Il a écrit : « Acheikhan ». Il y a mis tout son fiel. L’œuvre de ‘Oumar est toujours vivante dans le monde musulman. Et son influence aussi. Il participe toujours à la direction du monde musulman. Les Napoléon, Bismarck, Lénine, De Gaulle, Churchil, Mao etc. ont vu leurs œuvres s’écrouler de leur vivant ou bien elles ont disparues peu de temps après leur mort. A côté de ‘Oumar ce sont des nains.

Khaled Ibn AI Walid (qu’Allah l’agrée) :

Chef de l’une des dix familles, lui aussi, il était chargé de tout ce qui concerne la cavalerie de Qoreich, et il en était le commandant. A sa mort, il pouvait être fier d’avoir gagné toutes les batailles qu’il avait dirigées.

‘Amr Ibn Al ‘As (qu’Allah l’agrée) :

Dauphin de l’une des dix familles régnantes à la Mekke. Il était très riche. Il était l’intelligence et l’éloquence même. Chef militaire, administrateur de l’Egypte, il prouvera en toutes circonstances sa valeur militaire et son génie d’organisation, après son islamisation. Sa maîtrise de la langue arabe était telle que lorsque ‘Oumar Ibn Al Khattab entendait quelqu’un mal s’exprimer, il disait: « Gloire à celui qui a créé cet homme et ‘Amr. »

Nous pouvons continuer d’en citer, mais nous préférons nous arrêter là, car notre but est de donner quelques exemples seulement. Nous n’avons pas parlé des proches du Messager d’Allah (Salut et bénédictions d’Allah sur lui), Hamza, Al ‘Abbas, ‘Ali, et d’autres.

En embrassant l’Islam que cherchaient ces hommes ? Le pouvoir ? Ils l’avaient. La richesse ? Ils étaient riches, où comme Hamza, n’y attachaient aucune importance. Dans l’Islam, ils venaient de découvrir quelque chose de sublime ; La vérité, les riches comme les pauvres. Ce sont nos messagers Mussa et ‘Issa qui n’eurent comme premiers disciples que des déshérités. Ceux qui avaient suivi le premier étaient tous de la même communauté et étaient tous dans la même situation, c’est-à-dire des esclaves. Ils étaient asservis parce qu’adorant un Dieu Unique. Moussa ne leur apportait pas, au fond, une nouvelle religion. Il était venu vivifier celle d’Ishaq et Youssouf (sur eux la paix). Avec ses miracles, il n’eut aucune difficulté à se faire reconnaître des siens. Vu leur situation on peut dire que le Judaïsme a été une révolte des Hébreux contre leurs asservisseurs. Le messager ‘Issa (sur lui la paix), lui non plus n’apportait pas une nouvelle religion aux fils d’Israël. Il était venu vivifier la religion de Moussa. C’était au Temple de Souleyman qu’il prêchait. Les puissants et les profiteurs de la religion ont vu en lui un ennemi de leur pouvoir et des bénéfices qu’ils en tiraient. A toutes les questions-pièges qu’on lui posait, il répondait par des paroles de Moussa ou de Daoud. Tous ses premiers disciples ont été des petites gens qu’Allah a mis sur la bonne voie.

Quant au Prophète Muhammad (Salut et bénédictions d’Allah sur lui), il apportait une religion absolument nouvelle, pour les Arabes. Elle était en contradiction totale avec ce que l’on appelle aujourd’hui leur « culture ».

Sur la centaine de personnes qui décidaient alors à la Mekke, en un mot la «Djemaa », les trente meilleurs ont embrassé l’Islam avant la prise de la Mekke, alors qu’une vingtaine seulement des petites gens s’est islamisée durant cette période.

- Rôle des femmes en Islam

Les femmes n’ont joué aucun rôle dans le Judaïsme, tout au plus quelques-unes unes se sont offertes à des tyrans pour servir leur peuple.

Dans le Christianisme, la Sainte Marie elle-même, n’est citée dans l’Evangile que comme mère, jamais comme croyante, alors que dans le Coran, elle occupe une place très importante, et comme mère et surtout comme croyante.

Par contre, les femmes, dans l’Islam, ont joué un rôle très important. On ne peut parler des premières musulmanes sans commencer par la toute première, notre mère Khadija Ibnatu Kuweilid.

Grâce à son dévouement, à son amour, elle aida le Messager (Salut et bénédictions d’Allah sur lui) à avoir confiance en lui-même et traverser les rudes premières années de sa mission. Elle lui fit de son foyer un havre de paix et de sérénité. Toute sa vie, elle était le pilier sur lequel il s’appuyait. De plus, elle mit sa fortune, qui était importante, à sa disposition.

Rantla Bint Abi Sufiane (qu’Allah l’agrée) : Elle était fille de la plus haute personnalité de la Mekke. Elle émigrera en Abyssinie avec son époux, avec lequel elle rompra lorsqu’il renia l’Islam. Elle rejoindra les Musulmans à Médine et sera une épouse du Messager (Salut et bénédictions d’Allah sur lui). Son père, venu à Médine en parlementaire, lui rendra visite chez elle. Elle pliera le tapis qui était au sol en lui disant: « tu es un impur, tu ne peux t’asseoir sur le tapis du Messager ».

Asma Bint ‘Umeys (qu’Allah l’agrée) : Elle aussi a émigré par deux fois. En Abyssinie et à Médine. Elle disait à ‘Umar Ibn Al Khattab, « j’ai plus de mérite que toi, j’ai émigré par deux fois ». Le Messager (Salut et bénédictions d’Allah sur lui) lui donnera raison sur ‘Umar. Signalons aussi sa sœur Salma, elle aussi émigrée.

Fatma Bint Al Khattab (qu’Allah l’agrée) : Elle s’est islamisée avant son frère ‘Umar qui était à ce moment l’un des ennemis les plus acharnés de l’Islam. En s’islamisant, elle savait qu’elle risquait sa vie, étant donné le caractère de son frère. Allah a voulu qu’elle soit la cause de l’islamisation de son frère à l’issue d’une rencontre bouleversante.

Et Ruman Bent ‘Amir et Umm Et Fadhel Bent El Harith et sa sœur Meymouna (qu’Allah les agrées). Et nous ne parlons que de celles qui se sont islamisées après et les filles des premiers Musulmans. Nous pouvons citer des centaines de femmes qui ont joué un rôle, à la naissance de l’Islam. Ibnu Saad, dans «Attabaquat Al Kubra» leur réserve un volume de plus de cinq cents pages il est temps pour les chercheurs Musulmans de faire des études sur le rôle de femmes à la naissance de l’Islam. La documentation est abondante.

- L’universalisme de l’Islam naissant

Le judaïsme est né chez les Juifs, pour les Juifs. Il ne sortira jamais de chez les Juifs. Ils auront beau avoir toutes les nationalités du monde, ils auront beau avoir de hautes positions dans de nombreux pays, ils ne passeront pas le judaïsme aux autres. On naît juif, on ne devient pas juif.

Le Christianisme est lui aussi né chez les Juifs, et ‘Issa ne s’adressait qu’aux fils d’Israël. Si nous en croyons un passage de l’Evangile, pour ‘Issa, les Cananéens étaient des chiens et les Juifs des maîtres. Personnellement, je n’admets pas ‘Issa disant ceci : pour Saint Pierre, on ne peut être chrétien que si on est juif. Il a fallu Saint Paul pour admettre les gentils. Le Christianisme restera des siècles une religion des Grecs et des Latins. Il mettra mille ans pour devenir une religion européenne et dix-huit siècles, grâce au colonialisme, pour toucher tous les peuples ou presque.

Quant à l’Islam, dès l’Hégire, le Messager (Salut et bénédictions d’Allah sur lui) avait parmi ses compagnons les plus proches : Bilal, qui était Abyssin, Salman, qui était Persan, Abdallah Ibnou Salam qui était Juif, Souheib qui était Byzantin. Tous participaient de plein droit à la vie de la communauté avec leurs frères arabes et au même titre.

L’universalisme de l’islam commença avec la naissance de l’Islam. Le Coran ne cessera de répéter que l’homme n’a de valeur que par lui-même. Pour Allah : « Le plus noble d’entre vous c’est celui qui parmi vous est le plus pieux ».

Nous devons mettre les choses au point. Lorsque nous écrivons en langues européennes, devons-nous présenter l’Islam avec une conception chrétienne, ou lui laisser son atmosphère islamique ? Nous savons que le mot « Allah » choque l’Occidental. Dès qu’il entend ce mot, il pense : « Cavaliers d’Allah », « Sabre d’Allah ». « Incha Allah ». Selon le Dr Bucaille nous devons faire une concession, et quelle concession !

Le terme « Allah » est une chose et le terme « Dieu » est une chose. « Allah » est le nom qu’Il s’est donné Lui, l’Unique. « Allah » ne se met ni au féminin, ni au pluriel, il ne se fait pas précéder par un article, par contre le terme « Dieu », prend tout cela. « Dieu » en arabe se dit « ilah », nous le trouvons dans le Coran au féminin. Comme au pluriel. Quand nous disons, «la ilaha illallah » , nous comprenons qu’il n’y a de Dieu qu’Allah, et non : « Il n’a de Dieu que Dieu ». Cette phrase traduite en arabe donnerait : « la ilaha illa ilah ». Chez les chrétiens il n’y a pas de nom pour dire Allah. Pour eux, il y a la Sainte Trinité, composée du Père, du Fils et du Saint Esprit. Chez les Hébreux, il y a la notion de Dieu, et la notion de son Nom, et si chez les musulmans, Il s’appelle Allah, chez eux c’est « Yahwe ». II est donc anormal d’écrire Dieu pour Allah. Si nous rencontrons le terme « ilah », nous devons écrire Dieu, mais si nous rencontrons Allah, nous ne devons donner qu’Allah. Un nom ne se traduit pas. Il doit s’écrire phonétiquement le plus près possible de sa langue d’origine. Jetons un coup d’œil sur les dictionnaires arabes et voyons ce qu’ils nous disent :

« Ilah » : Tout ce qui est adoré est un ilah pour ceux qui l’adorent. (Il revient 111 fois dans le Coran).

« Allah » : Nom de celui qui doit nécessairement exister et dont l’adoration est la seule adoration véritable. (Il revient 2697 fois dans le Coran) ».

Fin de Citation

Commentaire alfutuhat.com : Suit une remarquable critique de toutes les traductions en langue française du Qur’an. Puisse Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, vous récompenser Mr Mimouni des meilleures récompenses dans les deux mondes pour votre excellent livre.

Source : http://alfutuhat.com/histoire/Divers/Miscs05.html

Note très importante de Ribaat :

Attention cher lecteur et cher lectrice, il existe une version de ce texte que vous venez de lire et qui comporte un extrait du livre « La Bible, le Coran et la Science : les Écritures saintes examinées à la lumière des connaissances modernes. » publié par le Dr Maurice Bucaille converti à l’Islam, (que Allah lui fasse Miséricorde) ; et qui fut intentionnellement travestie ; et qui porte sur la prononciation du Nom du Dieu Unique qui est Allah notre Créateur. Voici l’extrait original :

« (Sous-titre) Le Coran est la science moderne. Introduction (…) On comprend dès lors la protestation musulmane devant la coutume trop fréquente de dire, en langues européennes, non point Allah, mais Dieu… Des musulmans lettrés ont loué la traduction du Coran de D. Masson pour avoir « enfin » écrit « Allah » et non « Dieu ». » (Fin extrait)

Le malfaiteur a simplement changé Allah et Dieu de leur place respective, dans cette manipulation des esprits le Dr Maurice Bucaille et la Oumma musulmane « dénigraient Allah » ! C’est une ruse foireuse et pitoyable, et qui contredit l’Islam.

Que Allah le Savant nous montre les erreurs qui touchent à Sa Religion unique, amine.

 

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