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les tyrans de ce monde / Depuis Mai 2006

L’esclavage des Noirs aux Etats-Unis (C)

13 Avril 2017 , Rédigé par Ribaat Publié dans #ETATS-UNIS

Au nom de Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

L’esclavage des Noirs aux Etats-Unis (C)

Mise à jour Avril 2017

 

Jacques Tarnero:

Le racisme (8)

ISBN 2.84113.279.X © Éditions Milan 1995

Chapitre Histoire

Michel Fingerhut 1996-2001 - document mis à jour le 09/11/1998 à 18h14m49s.

 

L'esclavage, les négriers et le Code noir

Nantes et Bordeaux doivent leur prospérité au rôle de ports négriers et au gigantesque trafic d'esclaves qui a déporté plus de dix millions de Noirs d'Afrique vers le Nouveau Monde.

Deux articles du Code Noir

- Article 38.

"L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois à compter du jour que son maître l'aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis sur une épaule. S'il récidive une autre fois il aura le jarret coupé et il sera marqué d'une fleur de lis sur l'autre épaule; et la troisième fois il sera puni de mort".

- Article 44.

"Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer en la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre cohéritiers, sans préciput ni droit d'aînesse, ni être sujets au douaire coutumier... aux formalités des décrets... en cas de disposition à cause de mort ou testamentaire."

Intensification de la traite des Noirs

Les nécessités économiques liées à la conquête du Nouveau Monde vont intensifier la traite des Noirs d'Afrique vers l'Amérique. Leur déportation atteint son apogée au XVIIIe siècle. On estime à plus de dix millions le nombre de Noirs déportés depuis le XVe siècle et reduits en esclavage. Ils sont transportés comme "bois d'ébène" par les bateaux négriers pour travailler dans les Antilles, en Amérique du Sud et aux États-Unis. Pendant trois siècles, la traite des Noirs ravage l'Afrique de l'Ouest, en s'enfonçant de plus en plus à l'intérieur des terres à mesure qu'augmentent les besoins. Ce piratage de l'Afrique, puis la colonisation dont elle sera victime au XIXe siècle, brisent le développement normal que ce continent aurait pu connaître. Les royaumes africains ont atteint au XVIIIe siècle un stade d'avancée pré-industrielle. Les capitales sont, aux dires des premiers visiteurs européens, d'impressionnantes cités.

Organisation d'un commerce international

Un commerce triangulaire s'établit entre ports européens, comptoirs d'Afrique et lieux de débarquement d'Amérique. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, environ 100 000 à 150 000 esclaves sont vendus chaque année aux négriers européens. En trois siècles, plus de 10 millions de Noirs africains sont ainsi emmenés en esclavage dans les possessions européennes du Nouveau Monde. Environ trois millions de déportés périssent pendant la traversée. Les premiers esclaves débarquent en Amérique en 1619. Ils ont été achetés sur les côtes de l'Afrique de l'Ouest aux royaumes négriers du Benin, du Dahomey, du Congo, qui vendent aux Blancs le produit de leur razzia chez d'autres ethnies.

Le Code noir

C'est bien au nom de leur statut de race inférieure, de sous-hommes, que les Noirs d'Afrique sont mis en esclavage. Dans la France pré-révolutionnaire, à l'ombre des Lumières, on élabora un code juridique pour statuer du droit de l'esclavage avec un juridisme fidèle à la qualité rationaliste française. Le Code Noir, élaboré en 1685, produit du droit pour ceux qui en sont totalement privés.

Des intellectuels s'en indignent, tel Condorcet (1753 - 1794): "l'intérêt de puissance et de richesse d'une nation doit disparaître devant le droit d'un seul homme", ou Vifville des Essars, un noble abolitionniste: "une loi de sang, connue sous le titre de Code noir, va les [Noirs] descendre du rang d'homme, les vouer à une telle dégradation, qu'elle les incorporera à la terre; elle ne les considérera plus que comme des instruments de labourage. C'est sous l'empire d'une loi dont le peuple le plus sauvage aurait horreur, que les malheureux Africains vivent dans nos colonies."

La Convention abolit l'esclavage en 1794 mais le Code noir est rétabli en 1802. Il sera définitivement aboli par décret en 1848 grâce aux efforts de Victor Schoelcher (1804 - 1893), député de la Guadeloupe et de la Martique.

Au XVIIIe siècle, on se mit a créer du droit qui va instaurer un non-droit pour ceux que l'on considère comme des sous-humains, les Noirs d'Afrique, déportés par millions comme esclaves dans le Nouveau Monde.

Source : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/histoires-2.html

Jacques Tarnero:

Le racisme (10)

ISBN 2.84113.279.X © Éditions Milan 1995

Chapitre Histoire

Michel Fingerhut 1996-2001 - document mis à jour le 09/11/1998 à 18h15m01s.

Commentaire parenthèse Ribaat

 

Les Noirs d'Amérique

En octobre 1995, une marche sur Washington rassemble près de 400 000 Noirs américains. La question noire revient au premier plan de l'actualité aux États-Unis. Cette communauté se replie sur son identité.

 

"Question :

Oncle Sam, je suis un Noir d'Alabama.

Tu m'as demandé de prendre ce fusil.

Pour toi et la liberté. Mais oncle Sam, et moi dans tout ça ?

Je suis un Noir d'Alabama.

Et si je reviens de cette guerre pour la liberté.

Pourrais-je en rapporter un peu chez moi en Alabama?"

(Charles L. Anderson. Poète noir américain, né en Californie en 1938. New sum of poetry from the negro world. Revue Présence Africaine, N° 57, Paris, 1996.)

Brûlante actualité

En avril 1992, à Los Angeles, des policiers blancs, jugés pour avoir violemment battu un Noir arrêté pour excès de vitesse, sont acquittés par les jurés blancs du tribunal. L'émeute est la réaction immédiate. Pendant deux jours, la capitale de la côte ouest vit une quasi-guerre civile entre la communauté noire et la police. Une quarantaine de personnes sont tuées.

En 1995, le procès de O.J. Simpson, célèbre joueur noir de football américain et vedette de télévision, accusé du meurtre de sa femme blanche et acquitté, repropulsé sur le devant de la scène l'actualité de la question noir aux États-Unis.

De l'esclavage à Martin Luther King

L'histoire des États-Unis est indissociable de celle de l'esclavage des Noirs dans le sud de l'Union. Dès le XVIIIe siècle, le mouvement abolitionniste prend de l'essor à mesure que croissent les tensions économiques entre un Nord industriel et un Sud agricole qui a besoin des esclaves pour le travail du coton. D'importantes révoltes d'esclaves ponctuent l'histoire de la construction des États-Unis. Des alliances se sont même nouées entre esclaves noirs en fuite et Indiens, unis dans une même haine de l'homme blanc.

La guerre de Sécession (1861 - 1865) permet l'émancipation des esclaves par Abraham Lincoln. Ils sont certes émancipés en droit mais la ségrégation raciale vient recouvrir la ségrégation sociale pour une population noire misérable. Les anciens esclavagistes se retouvent au sein du Ku Klux Klan, société secrète fondée dans le Tennessee en 1865, destinée à terroriser les Noirs.

"I have a dream"

Martin Luther King a prononcé, le 28 août 1963, cette phrase devenue célèbre à l'occasion de la Marche sur Washington: "J'ai fait un rève. Je rêve qu'un jour sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens maîtres pourront s'assoir ensemble à la table de la fraternité".Martin Luther King est assassiné le 4 Avril 1968 à Memphis.

II faudra attendre les années 1960 et les divers mouvements noirs américains, pacifistes ou violents, du pasteur Martin Luther King -prix Nobel de la paix 1964-, de Malcom X -homme politique (Malek El-Shabazz converti à l’Islam) assassiné en février 1965- ou des Black Panthers, luttant pour les droits civiques, pour que l'égalité des droits soit enfin reconnue aux citoyens noirs américains.

Du melting-pot au repli communautaire

Si l'égalité des droits est aujourd'hui formellement acquise, les différences sociales marginalisent dans d'immenses ghettos les groupes ethniques pauvres. L'Amérique du Nord voit se développer dans un climat croissant de violence urbaine une juxtaposition de communautés ethniques pour lesquelles le melting-pot n'opère plus. À la revendication des droits civiques succède désormais une rétraction défensive et communautariste qui menace la cohésion de la société américaine. Un mouvement comme celui de Lewis Farakhan, Nation of Islam (en réalité c’est un mouvement hypocrite qui n’a rien avoir avec l’Islam), loin de prôner l'intégration, milite pour une identité noire inscrite dans l'Islam et violemment teintée d'antisémitisme. En 1988, le pasteur noir Jesse Jackson est candidat à la présidence des États-Unis. Pour la première fois, la "deuxième Amérique" s'affirme au plus haut niveau du débat américain. En trois siècles, trois millions d'Africains déportés depuis leur terre d'origine ont fait la richesse et la puissance des États-Unis par leur travail forcé.

Les États-Unis n'ont pas encore réussi à intégrer les descendants des esclaves affranchis après la guerre de Sécession. Le repli des communautés ethniques menace l'idée même de nation. (une idéologie néfaste pour l’humanité)

Source : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/histoires-4.html

 

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