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les tyrans de ce monde / Depuis Mai 2006

Ainsi finissent les empires

18 Avril 2017 , Rédigé par Ribaat Publié dans #ETUDES & ANALYSES

Au nom de Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux

Ainsi finissent les empires

Patrick J. Buchanan, le 20 Juillet 2007

Traduction du site Al-Futuhat, le 07 Août, 2007 at 1:58 (Uncategorized)

Posté en Août 2009

Mise à jour Avril 2017

 

Répondant à l’appel du Pape Urbain II à Clermont Ferrand en 1095, les chevaliers Chrétiens de la Première Croisade chevauchèrent pour la Terre Sainte. En 1099, Jérusalem fut prise. En tant que port en Palestine, les croisés choisirent de s’installer à Acre, sur la Méditerranée.

Là, ils construisirent un énorme château, qui fut occupé par Salah-ad-Dîn en 1187 mais repris par la suite par Richard Cœur de Lion en 1191. Acre devin la capitale du Royaume de Jérusalem et la citadelle de l’Etat Croisé qui tomba entre les mains des Mameluks après un siège sanguinaire en 1291. Les Chrétiens qui y restèrent furent massacrés.

Les ruines d’Acre sont devenues une attraction touristique.

Quiconque a visité cet avant poste de la chrétienté en Terre Sainte avant que le Général Allenby marche sur Jérusalem en 1917 ne peut pas – au vu de l’imposante ambassade américaine qui s’élève à Baghdâd – ne pas penser à Acre.

Avec un coût de 600 millions de dollars, des murs capables de résister aux tirs de mortiers et de roquettes une capacité d’accueil de 1 000 américains, cette éléphantesque ambassade, la plus grande du monde, se terrera sur les rives du Tigre, dans la Zone Verte.

Mais dans une décennie, l’ambassadeur des Etats-Unis occupera-il toujours ce complexe impérial? Ou finira t-il comme les ruines d’Acre?

Les rangs Républicains du Capitole Hill [nom donné au Congrès Américain] se dispersent. Cela commença avec Richard Lugar, Sénateur, après qu’un autre sénateur se soit élevé pour réclamer une réduction des troupes américaines et une solution diplomatique à la guerre.

Mais cela n’est pas crédible. Comment les diplomates américains peuvent-ils gagner à une table de conférence ce que 150 000 soldats américains n’ont pas pu assurer sur le champ de bataille?

Bien qu’Henry Kissinger ait été un avocat de cette guerre inutile, il n’a pas nécessairement tort lorsqu’il met en garde contre une « calamité géopolitique ». Ryan Crocker, l’envoyé américain en Irak, n’a pas nécessairement tort non plus lorsqu’il dit qu’un retrait américain pourrait être la fin de la guerre américaine mais le début de guerres sanguinaires en Irak et à travers la région.

Le Ministre des Affaires Etrangères Irakien Hoshyar Zebari avait aussi mit en garde contre les dangers d’un retrait rapide : « Les dangers vont de la guerre civile pour diviser le pays à une guerre régionale…Le danger est énorme. Jusqu’à ce que les forces irakiennes et les institutions soient prêtes, il est de la responsabilité des américains et des autres pays de se tenir aux côtés du gouvernement irakien et du peuple irakien afin de les aider à construire leurs capacités ».

En encourageant le redéploiement de forces américaines hors d’Irak, Lugar énumère quatre buts stratégiques. Empêcher la création d’une zone sûre pour les terroristes. Empêcher qu’une guerre sectaire ne se répande au Moyen-Orient. Empêcher la domination iranienne dans la région. Limiter la perte de crédibilité de l’Amérique dans la région et à travers le monde, conséquence d’un ‘échec dans sa mission en Irak.

Mais comment une réduction de la puissance militaire américaine en Irak peut-elle aider à l’atteinte de ces buts?

Les critiques de la guerre comme le Général William Odom affirment que la guerre est déjà perdue et que continuer le combat ne mènera qu’à saigner une peu plus le pays et à rendre le prix final plus élevé. Mais nous devons regarder d’un œil averti ce que peuvent être ces pertes.

Il est certain que [dans un avenir proche] le gouvernement échouera et ceux que nous laisserons derrière nous subiront le sort de nos amis Cambodgiens et Vietnamiens en 1975. Quand les bridages de combat américaines se retireront, les « contractors », les travailleurs [qui aident l’Amérique] et les diplomates laissés derrière seront plus vulnérables aux assassinats et aux kidnappings. Il pourrait y avoir une ruée vers la sortie et un terminus « Saigon » dans la Zone Verte.

La guerre civile s’amplifiera sûrement lorsque nous partirons, avec l’Iran aidant ses alliés Shiites et le pays Sunnites aidant les Sunnites. Une dislocation du pays semble certaine. Al-Qaïda clamera qu’il a expulsé la super-puissance américaine d’Irak et utilisera les leçons apprises en Jordanie, en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe. Les Turcs, avec une armée déjà présente à la frontière, entreront [en Irak] pour sécuriser leurs intérêts en empêchant les Kurdes du PKK d’opérer depuis l’Irak et s’assureront qu’il n’y aura pas de Kurdistan indépendant. Que fera alors l’Amérique?

Quant à ce pays, le débat sur la responsabilité dans la plus grande débâcle stratégique de l’histoire américaine sera empoisonné.

Avec une défaite américaine en Irak, le prestige américain sera plombé dans la région. Qui comptera sur un engagement des américains pour assurer sa sécurité? Comme les anglais et les français avant nous, nous nous serons renvoyés [où nous rentrerons] chez nous depuis le Proche Orient.

Nous sommes sur le point d’être témoins de la manière dont les empires finissent.

Source original : http://www.antiwar.com/pat/?articleid=11319

Source traduction : https://alfutuhat.wordpress.com/2007/08/07/ainsi-finissent-les-empires/

 

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